DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE. 161
rats, et sentant l’humide lors qu’elle joinctaux murailles. Mais aussi s’en pourrit-ilen campagne quelque partie, commentqu’on l’accommode ( ce qui toutes - foisn’est compté à perte ès endroits abon-dans en blés, d’autant que c’est tous-joursdu fumier) ne pouvant résister au temps,la paille qui est en l’extrémité des paillers,servant de couverture. Toutes-fois ce seraà moins de deschet, si les couvertures despailliers ont grande pente, estans droictescomme celles des maisons de France , etque par dessus y soit ad-joustée une in-crustation de bonne argille, bien pestrieavec de l’eau où aura esté infusée de lafiente de beuf, pour la garder de crever ,de quatre doigts d’espesseur : laquelle in-crustation résistant à la pluie, presquesaussi bien que tuiles, préservera la pailleassés bien. La peine que ces paillersdonnent à dresser par chacune année, etla crainte de la surprinse des pluies surl’oeuvre avant sa perfection , causentqu’on ne s’en sert qu’en la nécessité, àfaute de logis à ce convenable.
CHAPITRE VII.
/
Des Greniers-à-Blé. De la garde desBlés et de leur débite .
Diveriitè N o n plus est-on généralement d’accord,eZnth'lZ. sur le serrer et la garde des blés. Aucunsnim-i-bu. p ont | eurs greniers-à-blé, au plus bas dela maison, et rès de chaussée : autres auplus haut, près des couvertures. Aucunsgardent leurs blés enfermés dans desgrandes quaisses : autres , ne se serventnullement de tels meubles, chacun ayantThéâtre d’JtgricilIture , Tome I.
des raisons particulières pour fortifier sesusages, tant les hommes sont divers enopinion. Tenir le blé en bas, lui con-serve beaucoup d’humeur, dont il resteplus pesant, et en suite plus vendable quele logé en haut, où s’esventant par trop,se dessèche à l’intérest de sa vente. Maisaussi là, par humidité est en danger dese corrompre, non ici, où par sécheresse,sain et entier, se garde tant qu’on désire.
Aussi treuve-on ces deux assiettes défec-tueuses. Aucune de ces pertes n’est àcraindre au blé séjournant en grenier as-sis au milieu de la maison, par, s’esloi-gnant des deux extrêmes , s’y maintenirqualifié ainsi qu’il appartient. En tel en-droit donques dresserons-nous le grenier,la disposition du logis le permettant. Celane se pouvant accorder qu’avec importu-nité, nous-nous accommoderons de gre-nier par-tout ailleurs de la maison où lemieux viendra à propos, bas ou haut,sous ces observations. Si c’est en bas, que T , grentfr .le plan du grenier soit relevé sur terre de à ' hlideux bons pieds, à ce que l’eau n’y puisseséjourner : pavé, non de pierre ne debrique , ains de bois de bons aix , bienjoincts et unis, au-paravant ayant enfermépar dessous, du charbon ou d’escume demareschal, pour, par telle droguerie enbannir toute nuisible humidité : qu’il y aitdeux fenestres opposites l’une de l’autre,du septentrion au midi, ou du levant aucouchant, pour les tenir ouvertes ou fer-mées , selon le temps et les occurrences ;donnant autant d’aer au blé qu’il suffisepour sa conservation. Si en haut, que leplancher soit quarrellé de brique ; à ceque par sa frescheur soit corrigée la cha-leur du bois , au profit du blé séjournantau dessus. Semblables ouvertures et de
X