DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
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couverts de ces bestioles, font mettre despoules dans leurs greniers , lesquellesmangent ces animaux-là jusques à un,ne touchans au blé, tant qu’ils durent :mesme si ce sont hannetons ou coussons,qui par leur grosseur se laissent voir , ceque tant facilement ne font les bequeruspour leur petitesse estans ces besteletesfort menues et noires. La saumure deschairs de pourceau sert en cest endroit,laquelle ces meschantes bestioles aimantfort, laissent le blé pour l’aller manger :si d’icelle le monceau de blé est envi-ronné , d’une bande de quatre doigts oudemi pied de large, par ce moyen demeu-rant desgagé de telles nuisances. Autremoyen y a-il pour prévenir ce mal selonla pratique d’aucuns , c’est de meslerparmi les bons blés, du millet en grandequantité, lequel par sa froideur naturelleles conserve très-bien , et d’où par-aprèsfort facilement on le retire, avec un crible,ayant les trous ronds , à travers desquelsle seul millet passe, laissant l’autre blédans le crible. D’y mettre pour la mesmecause delà brique ou croie brisées, commecertains Anciens ont commandé, ne mesemble raisonnable, cela portant plus dedommage au blé, l’empoudrant de tellepoussière que de profit, le préservant dechaleur par la froidure de ces matières.
Greniers Reste à parler d’une autre sorte de gre-r rof<, n de S nier, autant estrange a qui ne la veue ,pue!, ,am comme il semble la raison contrarier à
aer.
l’expérience de bonté qu’on y treuve, parla Gascongne et par la Guyenne , où plusl’on se sert de telle espèce de greniers,qu’en autre province de ce royaume. Cesont des fosses profondes creusées dansterre, qu’on appelle cros, dans lesquelleson descend avec eschelles pour y porter et
rapporter le blé. Pline tient telles fossesestre la plus asseurée manière de conser-ver les blés , selon que de son temps sepratiquoit en Thrace , en Cappadoce , enBarbarie et en Espagne . Varron est ausside son opinion , asseurant le froment s’ypouvoir garder sain et entier, cinquanteans , et le millet, cent : disant pour for-tifier son avis, que du temps que Pompéele grand nettoyoit la mer de pyrates , futtreuvée à Ambratia une grande provisionde fèves, bonnes et sans corruption, dansune caverne, où elles avoient demeuréserrées dès le temps que le roy Pyrrhusfaisoit la guerre en Italie j et néantmoinson comptoit y avoir lors, près de sixvingtsans(55).Lenatureldesblésaidebeaucoup * «■-.
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a leur conservation : et comme on les void servent soi *
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ne s accorder generaiement ensemble en blés> Us untqualités, aussi leur durée n’est universel- l “J£' n
lement semblable, cela provenant de la rf,Wr -dureté ou mollesse de leur peau et couver-ture } résistant mieux aux injures destemps l’une que l’autre. C’est pourquoiles légumes, d’eux - mesmes sans moyense gardent plus longuement que les autresgrains ; et nos fromens, moins qu’autreespèce de blé : comme au contraire, lesmillets se défendent mieux contre lestemps et longue-garde , que nul autre ,pour leur durté et naturelle frescheur.
Pour fin de ce négoce , but de nostre vma s * de,labourage , nous dirons l’usage des blés il “'estre double pour le père-de-famille es-tant en pays abondant en grains : assa-voir , et pour la provision , et pour lavente , qu’il tirera de ses greniers à me-sure de ses nécessités et volontés. Quantau moudre pour le pain de l’ordinairedespence de sa maison, ci après au dis-cours de l’usage des alimens , cest article
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