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Tome I.
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DU THEATRE DAGRICULTURE.

et le gardera de la perte ceux chéent,qui avarement en attendent lextrêmeclierté ; en quoi souventes-fois ils se dé-çoivent , estans contraints, après avoirlonguement gardé leurs blés, de les lais-ser à meilleur marché, quà la cueillète.Den faire vente en gros, pour les trans-porter en grande quantité hors la pro-vince, est besoin dun bon avis , en dis-tinguant le temps. Si la saison a esté fer-tile et abondante , cest sans scrupulequon sen peut desfaire de la bonne moi-tié de ce qui sera dans les greniers , dontpar ce moyen somme notable de denierstumbera à la fois dans vostre bource, etcela sans faire tort au publiq ; en estantdailleurs bien accommodé. Par le con-traire , ayant esté la cueillète ou stérileou de moyenne fertilité, nest raison-nable den desfaire le pays, veu mesmeque dans vostre maison ne pouvés faillirde bien vendre vostre blé sans vous mettreen autre peine. De le faire charrier parles marchés et villes dalentour pour ledébiter, nest chose plaisante ni profi-table : par y avoir en cela trop de souciet tracas, et peu de gain , pour linéga-lité des mesures et infidélité des serviteurset autres gens, dont de nécessité en telcas vous-vous serves, entre les mains des-quels tous-jours quelque chose demeure àn n.y a vostre intérest. Nestant si bonne vente

telle vente . # %

qu'en la que celle qui se faict dans vostre grenier,

maison. /

en vostre presence, et comme par vousmesme. Cet article sera commun pour ledébit de toute sorte de fruicts et denrées,dont le père-de-famille désire tirer ar-gent ; assavoir, quil ne les doit jamaisfaire transporter à ses despens hors de samaison , que par contrainte , non degaieté de coeur 3 estant la vente tous-jours

meilleure cliés soi quailleurs, quoi-quàmoindre prix; cest aussi le dire des mar-chands , quils tiennent pour maxime ,

Achète tant loin que voudras,

Mais vends tant près que tu pourras.

Pour à quoi parvenir est requis au père-de-famille de mettre ses affaires en telestât, quil puisse gaiement attendre lepoinct de la vente de ses fruicts, et nestrecontraint de la recercher impatiemment.

Ainsi tirera-il la raison du rapport de saterre , selon les diverses qualités de sesbiens , en leurs saisons , avec contente-ment. Demmonceler et assembler blé surblé , année sur année , quelques-fois estfort profitable et au publiq et au particu-lier : au publiq, quand en temps de fa-mine ou de cherté, on treuve amas deblé , dans les greniers dun vertueuxhomme, lequel à lexemple dun Joseph,en Égypte , en distribue à prix communà toutes sortes de gens , leur espargnantla peine den aller cercher loin ; gardantaussi aucune fois de mourir de faim lepauvre peuple : au particulier, cest sansdoute que cela avenant à propos, le mes-nager en tire beaucoup dargent à songrand avantage. Mais estant ce chose ha-sardeuse, que telles attentes, et lesquellesDieu maudit, quand le but tend à lava-rice , le père-de-famille fera bien des-sayer de se desfaire de ses blés par cha-cune année , sans toutes-fois sy peiner,si ses affaires ne le pressent. Et selon quele temps lui en fournira des avis, il avan-cera et reculera en cest endroit, ne refu-sant de secourir de blé ceux qui en aurontbesoin; en ce cas tenant ses greniers ou- .verts en tout temps. Observera ceci, que '"«> /w a

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de garder tous-jours ses blés nettement tion du blé ,etseurement, tenant lœil quaucun grain T/plnu""