166
SECOND LIEU
ne s’en dissipe, encores que le prix ensoit petit, et qu’il n’ait aucune débite.Ne faisant comme plusieurs mal - avisésqui ne tiennent compte du blé , non plusque du sable , que lors seulement qu’il sevend bien. Trois ou quatre fois de l’anles blés du grenier seront remués, revi-sités , et esventés avec la pelle , pour enoster la poussière et toute la mauvaisesenteur qui y pourroit estre. Tout d’unemain , seront racoustrées les fentes etnouvelles ouvertures du grenier, pour enbannir les rats , et en suite les blés reme-surés , pour là dessus le père-de-famillef aire son compte (56). Escbéant d’en fairevente en gros , n’oubliera pour un préal-lable , tel esventement, qui lui profitera,pour le moins, de deux ou trois pourcent , qu’il perdroit, mesurant le blé dumonceau qui auroit demeuré pressé du-
rant toute l’année. Au contraire , par telartifice s’enfle le blé dès-lors qu’il sentl’aer, dont par-après il occupe plus deplace. Et s’arrestant à l’avis des Ancienspour vendre son blé attendra la pleneurde la lune, d’autant que le blé croist etdécroist quand et telle plane te. C’est chosebien expérimentée, que les blés se dimi-nuent d’eux-mesmes séjournans au gre-nier , quelques bien qualifiés qu’on les ymette , et ce despuis la récolte jusques àNoël , de quatre à cinq pour cent, plusou moins , selon que le grenier se ren-contre sec ou humide. Ainsi accouplansen cest endroit la capacité du blé , avecson poids , duquel ci-devant avons parlé,ce sera pour ne laisser rien en arriéré dece qui appartient à ceste espèce de mes-nage (5 7 )\
blè sadiminue desoi-mesme augrenier.
NOTES