i68
SECOND LIEU
pour briser les mottes. Le spiky ou dibblingroller (rouleau à pointes) des anglois , a beau-coup d’analogie avec ce précieux instrument.Celui dont je me sers , depuis plusieurs années ,avec beaucoup d’avantage , est un cylindre devingt décimètres (deux pieds environ) de dia-mètre , garni , dans toute sa circonférence, defortes chevilles , placées en échiquier , à neufcentimètres (trois pouces) de distance , et quidivisent très-bien lesmottes les plus fortes. ( 3^.)
Page '°4 > ( 7 ) Les observations modernes faites en
™ ' France et en Angleterre , ont aussi prouvé que
l’avoine et l’orge étoient les grains qui réussis-soient généralement le mieux la première an-née , sur les défrichemens des vieilles prairies ;mais il n’est pas nécessaire , comme le recom-mande ici Olivier de Serres , de laisser aupara-vant la terre inculte une année entière , et de luidonner, pour cela, des labours répétés ; un seulsuffisant ordinairement, dans ce cas, pour l’a-voine , et deux pour l’orge. ( Y.)
enta"„è V ( 8 ) L’écobuage, opération sur laquelle Olivier
ligne 6. de Serres s’étend si complaisamment, a l’avan-tage , il est vrai, de détruire une grande partiedes graines et des racines nuisibles; mais, si l’oncompare cet avantage, qu’on peut d’ailleurs ob-tenir par d’autres moyens , avec les frais consi-dérables de main-d’œuvre qu’elle occasionne , sil’on fait attention à la perte de l’engrais végétalque la combustion nécessite , si l’on se rappelleque les terreins ainsi brûlés , finissent par tom-ber dans un état de stérilité complète , au boutde quelques années ; et si l’on ajoute à ces con-sidérations majeures, celle des accidens qui n’ensont que trop souvent résultés, on conviendra ,peut-être, qu’exceptés quelques cas particuliersqui peuvent rendre l’écobuage nécessaire, il estgénéralement préférable d’enfouir à la charrue ,ou, avec tout autre instrument, le gazon qui ,en pourrissant insensiblement, procure à la terrecet état de liaison, d’ameublissement et de ferti-lité, qui assure et perpétue les récoltes abon-dantes. Ceux qui pourroient encore douter desinconvéniens réels de l’écobuage , en trouve-ront de nouvelles preuves dans les statistiquesde nos Départemens. J’en rappellerai ici deuxfrappantes , tirées de deux Départemens très-
éloignés l’un de l’autre , celui de l’Ourthe , etcelui des Deux-Sèvres .
Le C. Desmousseaux, préfet de l’Ourthe ,s’exprime ainsi, page , de la Statistique dece Département.
« On pèle avec le hoyau la superficie deslandes les mieux fournies en bruyères et genêts ;on ramasse les mottes en petits tas , auxquels onmet le feu. Les cendres répandues sur la terrelui donnent une fertilité momentanée; elle four-nit deux , rarement trois récoltes, et redevientstérile , pendant vingt ou trente ans ».
Le C. Dupin, préfet des Deux-Sèvres , con-firme cette vérité , page 1 23, de la Statistiquedu Département.
« L’écobuage , dit-il , a l’avantage de détruireles racines et les semences des plantes nuisibles,mais aussi tous les principes essentiels à la vé-gétation sont décomposés et volatilisés, et aprèsdeux récoltes , la terre écobuée tombe dans laclasse des terres ruinées et stériles. L’expériencea tellement convaincu les propriétaires de cettevérité , qu’ils stipulent dans leurs baux , quel’écobuage ne sera point pratiqué sur leursterres ». (3^.)
CHAPITRE II.
( 9 ) Quoique cette sentence de Caton , rap-pelée par Olivier de Serres , Ne change point de c " lonnt 1 >soc , ait servi de texte à un ouvrage moderne , hs '“intitulé : Manuel d’Agriculture , il n’en est pasmoins vrai qu’on auroit le plus grand tort d’yattacher un sens littéral ; et la preuve la pluscomplète qu’on puisse en donner , c’est que lessocs ont bien changé depuis Caton , et que per-sonne n’est tenté aujourd’hui de faire un pasrétrograde vers le type de cet utile instrument.
Et il en est ainsi de beaucoup d’autres. La seuleinduction raisonnable qu’on puisse tirer de cettesentence , c’est qu’il ne faut pas trop précipi-tamment abandonner les instrumens en usage ,pour leur en substituer légèrement de nouveaux;mais , il faut bien se garder de se traîner dansl’ornière de la routine , comme cela n’est quetrop commun ; et tout en se servant des instru-mens aratoires de son canton , un cultivateur
éclairé,