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Tome I.
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SECOND LIEU

pour briser les mottes. Le spiky ou dibblingroller (rouleau à pointes) des anglois , a beau-coup danalogie avec ce précieux instrument.Celui dont je me sers , depuis plusieurs années ,avec beaucoup davantage , est un cylindre devingt décimètres (deux pieds environ) de dia-mètre , garni , dans toute sa circonférence, defortes chevilles , placées en échiquier , à neufcentimètres (trois pouces) de distance , et quidivisent très-bien lesmottes les plus fortes. ( 3^.)

Page '°4 > ( 7 ) Les observations modernes faites en

' France et en Angleterre , ont aussi prouvé que

lavoine et lorge étoient les grains qui réussis-soient généralement le mieux la première an-née , sur les défrichemens des vieilles prairies ;mais il nest pas nécessaire , comme le recom-mande ici Olivier de Serres , de laisser aupara-vant la terre inculte une année entière , et de luidonner, pour cela, des labours répétés ; un seulsuffisant ordinairement, dans ce cas, pour la-voine , et deux pour lorge. ( Y.)

enta"è V ( 8 ) Lécobuage, opération sur laquelle Olivier

ligne 6. de Serres sétend si complaisamment, a lavan-tage , il est vrai, de détruire une grande partiedes graines et des racines nuisibles; mais, si loncompare cet avantage, quon peut dailleurs ob-tenir par dautres moyens , avec les frais consi-dérables de main-dœuvre quelle occasionne , silon fait attention à la perte de lengrais végétalque la combustion nécessite , si lon se rappelleque les terreins ainsi brûlés , finissent par tom-ber dans un état de stérilité complète , au boutde quelques années ; et si lon ajoute à ces con-sidérations majeures, celle des accidens qui nensont que trop souvent résultés, on conviendra ,peut-être, quexceptés quelques cas particuliersqui peuvent rendre lécobuage nécessaire, il estgénéralement préférable denfouir à la charrue ,ou, avec tout autre instrument, le gazon qui ,en pourrissant insensiblement, procure à la terrecet état de liaison, dameublissement et de ferti-lité, qui assure et perpétue les récoltes abon-dantes. Ceux qui pourroient encore douter desinconvéniens réels de lécobuage , en trouve-ront de nouvelles preuves dans les statistiquesde nos Départemens. Jen rappellerai ici deuxfrappantes , tirées de deux Départemens très-

éloignés lun de lautre , celui de lOurthe , etcelui des Deux-Sèvres .

Le C. Desmousseaux, préfet de lOurthe ,sexprime ainsi, page , de la Statistique dece Département.

« On pèle avec le hoyau la superficie deslandes les mieux fournies en bruyères et genêts ;on ramasse les mottes en petits tas , auxquels onmet le feu. Les cendres répandues sur la terrelui donnent une fertilité momentanée; elle four-nit deux , rarement trois récoltes, et redevientstérile , pendant vingt ou trente ans ».

Le C. Dupin, préfet des Deux-Sèvres , con-firme cette vérité , page 1 23, de la Statistiquedu Département.

« Lécobuage , dit-il , a lavantage de détruireles racines et les semences des plantes nuisibles,mais aussi tous les principes essentiels à la vé-gétation sont décomposés et volatilisés, et aprèsdeux récoltes , la terre écobuée tombe dans laclasse des terres ruinées et stériles. Lexpériencea tellement convaincu les propriétaires de cettevérité , quils stipulent dans leurs baux , quelécobuage ne sera point pratiqué sur leursterres ». (3^.)

CHAPITRE II.

( 9 ) Quoique cette sentence de Caton , rap-pelée par Olivier de Serres , Ne change point de c " lonnt 1 >soc , ait servi de texte à un ouvrage moderne , hs 'intitulé : Manuel dAgriculture , il nen est pasmoins vrai quon auroit le plus grand tort dyattacher un sens littéral ; et la preuve la pluscomplète quon puisse en donner , cest que lessocs ont bien changé depuis Caton , et que per-sonne nest tenté aujourdhui de faire un pasrétrograde vers le type de cet utile instrument.

Et il en est ainsi de beaucoup dautres. La seuleinduction raisonnable quon puisse tirer de cettesentence , cest quil ne faut pas trop précipi-tamment abandonner les instrumens en usage ,pour leur en substituer légèrement de nouveaux;mais , il faut bien se garder de se traîner danslornière de la routine , comme cela nest quetrop commun ; et tout en se servant des instru-mens aratoires de son canton , un cultivateur

éclairé,