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Tome I.
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DU THEATRE DAGRICULTURE.

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en nécessite beaucoup dautres .Ainsi lon nepeutsoccuper de la production du blé sans soccuperdes accessoires. Tous les objets du labourageforment une chaîne étendue , dont les diversanneaux se tiennent et se soutiennent à la fois.Un anneau ne fait pas la chaîne ; la chaîne estmoins solide , si un seul anneau est brisé.

Quels sont tous les anneaux qui composent lachaîne du travail agricole? qui les a jamaisbien classés ? qui les a jamais réunis ? A leurtête, Olivier de Serres a placé la culture du blé.Il publioit son livre sous le règne de Henri IV .Depuis que son livre a paru , qua-t-on ajoutéaux lumières quil y a fait briller? Les labou-reurs sont-ils plus ou moins avancés quils nelétoient à cette époque ?

Il est bien difficile de répondre à ces ques-tions ; mais elles sont si importantes , que lonne doit rien négliger de ce qui peut conduire àleur solution. Cest pour y concourir , quon acru devoir ajouter, à la fin de ce second Lieu unapperçu de la culture qui passe pour la plusparfaite des cultures modernes. Les labouieursFlamands sont incontestablement, de laveu desAnglois eux-mêmes, les premiers laboureurs dumonde. M. Arthur Young a dit, en proprestermes , quil seroit ignorant en agriculture ,tant quil 11auroit pas vu la ci-devant Belgique .

La bonne théorie devroit, en général, éclai-rer la pratique ; mais , en agriculture , les théo-riciens sont restés en retard ; le besoin deshommes pressoit ; la pratique est venue avantla théorie. La pratique de Flandre , étudiée parles Anglois vers 1 65 o, ne leur a point paru uneroutine aveugle. Ses effets étoient ceux duneméthode heureuse. LAngleterre sen est serviepour perfectionner la sienne ; et, dans ces der-niers temps , elle y revient encore. Le BureaudAgriculture Britannique na pas été plutôten possession de sa chartre , quil a envoyé àBruxelles plusieurs questions importantes. Lesréponses de M. Mann et du C. Poederlé à cesquestions géorgiques , sont imprimées dans lesCommunications rurales (en anglois , in-4 0 . ,n os . 21 et 22). Ces questions roulent sur lemeilleur assolement, ou la meilleure rotationdes récoltes ; sur les meilleurs engrais; sur len-tretien du bétail ; sur le colsa et le trèfle, consi-

dérés comme les deux bases de la prospérité delagriculture flamande ; sur la grandeur desfermes , etc. Une des questions est conçue ences termes , qui , sous la plume des Anglois ,sont certainement honorables pour les fermiersflamands : « Les grandes récoltes de la Flandre » ne sont-elles pas dues autant à lexcellence du» travail quà la richesse du terroir ; et un la-53 boureur flamand ne retireroit-il pas de bonnes» récoltes, même dun mauvais terrein 33 ? Voilàprécisément ce que nous allons éclaircir. Cestdans ce pays même que nous chercherons lemodèle dune ferme vraiment flamande , dontle tableau nous a paru devoir faire lobjet decette note spéciale.

Depuis environ cinquante ans, on a beaucoupécrit sur lagriculture. On a fait quelques dé-couvertes , les théories se sont multipliées ,mais la science-pratique est encore peu avancée.Cependant, on convient que pour faire de bonsélémens dagriculture, il faudroit avoir dabord,de la manière la plus circonstanciée, des dé-tails clairs et précis sur la nature du sol dechaque Département, de chaque district, peut-être de chaque village ; sur le genre de cultureen usage dans chaque lieu ; sur les moeurs deshabitans , sur leurs facultés ; sur linfluence duclimat. Cest une foible partie de ce grand tra-vail que lon offre ici , daprès les détails re-cueillis par dexcellens observateurs , et vérifiésavec soin par lauteur de la note.

On va donc présenter ici le tableau , non pasde ce que lon devroit faire, mais de ce que lonfait réellement dans la partie du département du Nord , connue , dans lancien régime , sousla dénomination de Châtellenie de Lille, an-cienne dépendance de cette ci-devant Belgique ,regardée comme la plus riche pièce de terre delEurope (avec la Lombardie , dont le climatest plus heureux).

Les renseignemens qui servent de base à cettenote portant sur des expériences faites en 1776,on a cru devoir conserver les anciennes dénomi-nations de poids et mesures , pour éviter lesfractions , et conserver la fidélité primitive deces mêmes renseignemens. Mais on aura soinde les traduire en mesures de Paris , ou en me-sures nouvelles.