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DU THEATRE D’AGRICULTURE.
On trouve ordinairement sur ce terrein , un pe-tit bâtiment ,qui est le fournil, où se fabriqueet se cuit le pain, ainsi qu’un emplacement cons-truit en bois , et couvert en paille, nommé char-terie, ou charrie , sous lequel se déposent lescharriots , herses , charrues , et autres instru-mens nécessaires au labourage.
Ces trois articles contiennent généralementun bonnier de terre (ou cent quarante-deuxares). Leur distribution pourra faire elle seulel’objet d’un mémoire instructif ; mais nous nefaisons qu’une note, et notre objet n’est pas dedécrire le logement, mais la culture du fermier.
Il reste , pour cette culture , quinze bonniersde terre (environ vingt-un hectares et demi) ,qui, assez régulièrement, se distribuent commeil suit.
Le dixième de ce terrein , comprenant unbonnier huit cent, est regardé comme jachère ,et se prend dans la place qui a été occupée parle blé. Ce n’est pas une jachère purement in-culte et inutile , comme on entend ce mot dejachère dans les environs de Paris . Ici l’onsème après le blé, i°. de la graine de colsa,pour avoir de jeunes plantes , dites planchons ,que l’on repique , avant l’hiver , dans une terrepréparée exprès , pour y mettre le colsa ; onen sème un cent de terre, pour en repiquertrois cent ; 2°. le surplus se met en choux-
collets et navets , ci. 1 bon - 8
Les i 3 bonniers 8 cent restant,se divisent en trois parties égales,faisant chacune 4 bonniers 8 cent(5 hectares 40 ares).
La première partie se met en
blé froment, ci.4 8
Le deuxième partie en trèfle ,lin, fèves, et graines grasses (pargraines grasses on entend colsa,œillette et camomille).
En trèfle , | d’un \
bonnier 8 cent. . . 1 ton. Q cent. I
En lin.o 8 >4 $
En colsa.2 8 [
En fèves.o 8 J
La troisième partie , en avoine ,hyvernage , seigle , soucrion, _
Ç bon. g ccnt.
Report.
^ bon. g cent.
trèfle , betteraves ,
carottes , et
pommes de terres.
Autant d’avoine
que de jachères . .
j bon.
g cent.
En hyvernage . .
1
O
En seigle et sou-
crion ........
1
0
En trèfle , d’un
4 8
bonnier 8 cent . . .
O
8
En betteraves , ca-
rottes , et pommes de
terre ........
O
8
Total
j /J bon. q cent.
Les remplacemens se font d’année en année ;savoir : la première partie remplace ladeuxième;la deuxième, remplace la troisième 5 la troi-sième , remplace la première, à l’exception quel’avoine remplace les jachères , et qu’une mêmequantité de la première , se laisse en jachère.
Voilà le coup-d’œil général de cet assole-ment ; il offre des objets qui méritent d’êtrenotés.
On voit que des seize bonniers qui composentla ferme, il y en a tous les ans quatre et demiqui portent du blé , et que la succession desrécoltes est arrangée de manière que ces quatrebonniers et demi en blé , varient perpétuelle-ment , et font, d’année en année, le tour duterrein. Toutes les autres productions circulentde même autour de cette récolte principale ,tiennent le sol toujours garni, et le fermiertoujours occupé. Qui est-ce qui a révélé auxfermiers Flamands l’avantage de faire succéderune plante qui trace, à un végétal qui pivote ?Qui leur a donné le secret de cette merveil-leuse alternative ? C’est ce qu’on ignore. Icila science 11’a point précédé la routine. Ellepourroit aujourd’hui, peut-être , la rectifier enquelque point ; mais elle ne l’a point devancée.Dans tous les arts , les règles ne viennent qu’a-près les chefs-d’œuvres. Continuons - donc àétudier et admirer celui de la culture flamande.
Après le blé-froment , la plante qui tientconstamment le plus de terrein, c’est le colsa.Tout le monde sait que c’est une espèce de
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