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Tome I.
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DU THÉÂTRE DAGRICULTURE.

Observations sur le ci-devant Angoumois , par leC. Munier. (Paris 1779, tom. I. in- 8°. p. 322.)On peut également appliquer à la dîme , la dé-monstration donnée par le C. Jollivet, de lavexation et de la tyrannie des impôts pro-gressifs.

Il est aisé de concevoir que si les laboureursFlamands avoient du partager les fruits de leurssueurs avec les percepteurs de pareils impôts ennature , jamais leur industrie nauroit essayé delutter contre les obstacles du sol, et lon ne ci-teroit pas aujourdhui la tenue de leurs fermescomme un modèle à suivre. Le colsa , parexemple , qui fait la richesse de lagricultureflamande , est une plante qui exige des engrais ,des labours , des travaux extraordinaires. Il fautle transplanter , le renterrer , le rechausser. Lefermier a fait ces dépenses , parce que la cultureet lexportation des produits du colsa jouissoientdune immunité et dune liberté complette. Sanscette franchise absolue , il ny eut point eu decolsa ; il ny eut eu que des jachères.

Chap. VII. Art. unique. Intérêt des Avances.

On estime, en Flandre , que celui qui prendune ferme de seize bonniers, doit avoir en avance8 à 10,000 francs. On na porté lintérêt de cettesomme quà quatre pour cent. A lépoque dontil est ici question , il étoit facile de trouver delargent à ce taux, sur-tout dans les campagnes, il existoit des capitaux considérables quinavoit pas dautre placement.

Observations générales , relativement auBordereau des Dépenses.

1 0 . Il résulte d e ces notes sur le chapitre de ladépense que les progrès de lagriculture , enFlandre , étoient dûs , en partie , à la modéra-tion et à la sage répartition de tous les impôts.

Il faut ajouter que lhabitant des campagnesnétoit tenu à aucun tirage de milice. Chaquegarçon en état de porter les armes , déposoit3 livres, par année , à la caisse militaire. Cestavec le produit de cette légère taxe , que lesEtats de Lille entretenoient, par le recrutementlibre , un corps de milice.

2°. On na pas non plus faire mention duneautre charge des campagnes. La corvée , qui

pesoit si étrangement sur les habitans de lin-térieur , navoit pas lieu en Flandre . Les Etatsétoient chargés de lentretien des grandes routes.On avoit restreint leur largeur. Après de fortesgelées , on fermoit les barrières , pour empêcherde trop fortes dégradations.

Quand les habitans des campagnes vouloientétablir des chemins vicinaux reconnus utiles , ilsadressoient leur demande aux Etats , qui leuraccordoient la quantité de pavés nécessaire. Lesfrais de main-dœuvre étoient au compte de lacommune. Chaque fermier se chargeoit de voi-turer une quantité de pavés déterminée. Per-sonne nétoit déplacé , et ce nétoit pas pour leluxe que le travail étoit fait.

Il faut croire aussi que lagriculture , enFlandre , a été sur-tout encouragée par le bonétat et la multitude des communications , desdébouchés, des canaux, des chemins , etc. Par-tout les denrées ne peuvent pas circuler , onnest pas riche avec des denrées dont on ne peutse défaire. On ne cultive alors que pour le be-soin le plus strict.

3°. On est étonné de ne rien trouver , dansces comptes de la dépense , sur un article quiest ruineux en dautres pays, sur le combustible.Mais le fermier Flamand a des moyens facilesde sen procurer.

Les terres sont assez ordinairement ramas-sées , en Flandre , autour de la ferme, elles sontsouvent ouvertes ; mais le pâturage , lenclos ,le jardin , sont entourés de haies dépines , en-tremêlées dune espèce dorme à petites feuilles,connu dans le pays sous la dénomination donnetortillar. Cest cette espèce de bois très-dur quia donné de la célébrité au charronage de Lille .

Lintérieur du verger est planté en pommiersde bonne qualité : on vend une partie des fruitset on consomme lautre.

Indépendamment des tiges de colsa et dechoux , que lon conserve soigneusement pourle chauffage , le fermier profite de lélagage desarbres et des haies. Dailleurs , il peut se pro-curer aisément , et à bon compte , du charbonde terre. Cest encore , nen doutons pas, unde ces avantages que la localité flamande offre àléconomie rurale , et quon ne peut se flatterde trouver à volonté par-tout ailleurs.