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DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
tout quand elles ont , pendant l’hiver , desgrosses fèves pour nourriture.
Voici, à cet égard, un calcul plus précis.
Douze vaches donnent, l’unedans l’autre , pendant huit moisde l’année, 3 pots ~ de lait parjour. Le pot contient 107 poucescubes (a litres 1 décilitre environ).
Cela fait, pour l’année.10,080 pots.
La consommation de la ferme ,tant pour fromages que soupes ,etc. etc. , peut-être évaluée aumoins à 63o pots. C’est à-peu-près1 pot ^ par jour, ci., . 63o
Reste donc.g,45opots.
Il faut 4 pots T de lait pour1 livre (5 hectogrammes) de beurre;
9,45o pots de lait donnent donc en
beurre.2,100 livres.
On peut porter la consommationde la ferme à 2 livres (10 hec-togrammes) de beurre par jour. Leshabitons des campagnes mangentbeaucoup de beurre, ci. 73o
Reste donc pour vendre . . . i,37olivres.
Ce qui ne fait que cent quatorze livres et demie(vingt-trois myriagrammes environ) de beurrepar vache, au lieu que j’en ai porté en recettecent vingt livres (vingt-quatre myriagrammes).
En général, les livres d’agriculture ont exa-géré le produit des vaches. Dans les pays del’Europe où elles donnent le plus de lait et debeurre , le fermier ne regarde comme bénéficenet que leur fumier.
Quant au beurre, il n’a guère varié de prixdepuis plusieurs années ; il est cher en hiver ;mais dans le temps qu’on appelle la saison desroses, et dans le mois de Septembre , le beurrene vaut jamais plus de 10 sous la livre de qua-torze onces ; et alors on le sale pour en fairedes provisions. On a porté le plus bas qu’il a étépossible, le produit des vaches , parce que l’ona réservé , sur le produit total, la provision debeurre , de fromage, et de lait nécessaire à laconsommation journalière ; c’est à la fermière
Théâtre cl’Agriculture, Tome I.
à combiner ce qu’il faut vendre, ou tenir enréserve.
On pense qu’il est nécessaire d’avoir dans laferme une génisse au moins, et une vieille vacheà engraisser et à saler, pour la consommation dela maison ; car il faut bien observer que le fer-mier, en Flandre, se nourrit sur-tout de chairsalée , et la vache prend très-bien le sel.
Chatitre I er . Art. II. Veaux.
Les fermiers vendent leurs veaux aussitôtqu’ils sont nés. Le plus grand prix qu’ils en re-tirent , est de 5 à 6 livres. Il y a des fermiersqui engraissent leurs veaux ; ils les vendentalors 3o et 36 livres , et même plus ; mais aussi,ils ne peuvent plus vendre que très-peu de beurre.Les veaux qu’ils engraissent consomment beau-coup de lait, et exigent beaucoup de soins. Onleur donne ce lait chaud , dans lequel on a faitbouillir des tètes de pavots , et délayé des œufs.
Les fermières ont aussi un grand soin de leursvaches. Elles leur donnent, lorsqu’elles n’ontplus de verd, une boisson épaisse et très-nourris-sante , composée de tourteaux de colsa et dedrague (c’est ainsi qu’on nomme le marc desgrains qui ont servi à faire la bierre). Ellesjettent, dans une cuve remplie aux trois quartsd’eau froide, autant de tourteaux qu’elles ontde vaches. Un tourteau pèse une livre et demie(sept à huit hectogrammes). On les y laissefondre. On y met autant de drague que l’oncroit être nécessaire , pour que le tout, bienmêlé , ne soit pas trop épais , et pmisse être puisen boisson par la vache. On en pn'épare le matinpour le soir , et le soir pour le matin. Cetteboisson est une excellente nourriture piour en-graisser toute espèce de bestiaux ; mais on voitqu’en ce genre d’industrie rurale , comme entout autre , si l’on vise à de grands produits,il ne faut épiargner ni les soins , ni les avances.
Chapitre I er . Art. III. Lait de Beurre .
Il est un autre petit avantage que le fermierretire de ses vaches , avantage qui n’est guèreconnu qu’en Flandre et en Hollande ; il con-siste dans la vente du lait de beurre; il s’enconsomme beaucoup dans la ferme , ainsi quepar les pauvres et les ouvriers qui travaillent
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