Band 
Tome I.
Seite
201
JPEG-Download
 

201

DU THÉÂTRE DAGRICULTURE.

tout quand elles ont , pendant lhiver , desgrosses fèves pour nourriture.

Voici, à cet égard, un calcul plus précis.

Douze vaches donnent, lunedans lautre , pendant huit moisde lannée, 3 pots ~ de lait parjour. Le pot contient 107 poucescubes (a litres 1 décilitre environ).

Cela fait, pour lannée.10,080 pots.

La consommation de la ferme ,tant pour fromages que soupes ,etc. etc. , peut-être évaluée aumoins à 63o pots. Cest à-peu-près1 pot ^ par jour, ci., . 63o

Reste donc.g,45opots.

Il faut 4 pots T de lait pour1 livre (5 hectogrammes) de beurre;

9,45o pots de lait donnent donc en

beurre.2,100 livres.

On peut porter la consommationde la ferme à 2 livres (10 hec-togrammes) de beurre par jour. Leshabitons des campagnes mangentbeaucoup de beurre, ci. 73o

Reste donc pour vendre . . . i,37olivres.

Ce qui ne fait que cent quatorze livres et demie(vingt-trois myriagrammes environ) de beurrepar vache, au lieu que jen ai porté en recettecent vingt livres (vingt-quatre myriagrammes).

En général, les livres dagriculture ont exa-géré le produit des vaches. Dans les pays delEurope elles donnent le plus de lait et debeurre , le fermier ne regarde comme bénéficenet que leur fumier.

Quant au beurre, il na guère varié de prixdepuis plusieurs années ; il est cher en hiver ;mais dans le temps quon appelle la saison desroses, et dans le mois de Septembre , le beurrene vaut jamais plus de 10 sous la livre de qua-torze onces ; et alors on le sale pour en fairedes provisions. On a porté le plus bas quil a étépossible, le produit des vaches , parce que lona réservé , sur le produit total, la provision debeurre , de fromage, et de lait nécessaire à laconsommation journalière ; cest à la fermière

Théâtre clAgriculture, Tome I.

à combiner ce quil faut vendre, ou tenir enréserve.

On pense quil est nécessaire davoir dans laferme une génisse au moins, et une vieille vacheà engraisser et à saler, pour la consommation dela maison ; car il faut bien observer que le fer-mier, en Flandre, se nourrit sur-tout de chairsalée , et la vache prend très-bien le sel.

Chatitre I er . Art. II. Veaux.

Les fermiers vendent leurs veaux aussitôtquils sont nés. Le plus grand prix quils en re-tirent , est de 5 à 6 livres. Il y a des fermiersqui engraissent leurs veaux ; ils les vendentalors 3o et 36 livres , et même plus ; mais aussi,ils ne peuvent plus vendre que très-peu de beurre.Les veaux quils engraissent consomment beau-coup de lait, et exigent beaucoup de soins. Onleur donne ce lait chaud , dans lequel on a faitbouillir des tètes de pavots , et délayé des œufs.

Les fermières ont aussi un grand soin de leursvaches. Elles leur donnent, lorsquelles nontplus de verd, une boisson épaisse et très-nourris-sante , composée de tourteaux de colsa et dedrague (cest ainsi quon nomme le marc desgrains qui ont servi à faire la bierre). Ellesjettent, dans une cuve remplie aux trois quartsdeau froide, autant de tourteaux quelles ontde vaches. Un tourteau pèse une livre et demie(sept à huit hectogrammes). On les y laissefondre. On y met autant de drague que loncroit être nécessaire , pour que le tout, bienmêlé , ne soit pas trop épais , et pmisse être puisen boisson par la vache. On en pn'épare le matinpour le soir , et le soir pour le matin. Cetteboisson est une excellente nourriture piour en-graisser toute espèce de bestiaux ; mais on voitquen ce genre dindustrie rurale , comme entout autre , si lon vise à de grands produits,il ne faut épiargner ni les soins , ni les avances.

Chapitre I er . Art. III. Lait de Beurre .

Il est un autre petit avantage que le fermierretire de ses vaches , avantage qui nest guèreconnu quen Flandre et en Hollande ; il con-siste dans la vente du lait de beurre; il senconsomme beaucoup dans la ferme , ainsi quepar les pauvres et les ouvriers qui travaillent

C c