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SECOND LIEU
habituellement pour le fermier. Le surplus sevend à un sou le pot. Cela peut aller à 3 livrespar semaine , si le fermier, comme nous l’avonssupposé , demeure près d’une grande ville.
Il faut savoir encore que dans un pays où lefermier ne vit que de viande salée , et par con-séquent sujet au scorbut, la soupe au lait debeurre en est le préservatif le plus puissant :ceux qui sont plus recherchés, y ajoutent de lacassonnade et quelques œufs.
Chapitre I er . Art. IV. Cochons.
On n’a point fait état du profit que l’on peuttirer de deux cochons ; comme ils doivent êtreconsommés dans la ferme , on y consommeramoins de vache salée , dont on a porté le prixen entier dans le tableau de la dépense.
Chapitre I er . Art. V. Poules.
Le fermier doit avoir peu de poules , étant en-vironné de terres cultivées où elles peuvent fairebeaucoup de dégâts. Le bénéfice que donne unpoulailler n’est pas aussi considérable que quel-ques gens l’imaginent : indépendamment de ceque la poule peut ramasser dans la cour , il fautlui donner chaque jour au moins trois onces (unhectogramme) de graine , ou environ soixante-dix livres (trente-cinq kilogrammes) par an ;et elle ne pond guère , dans cet intervalle detemps , que cent ou cent vingt œufs au plus» Ona cru ne pas devoir tenir compte de ces petitsprofits , qui ne peuvent être considérés quecomme une douceur accordée aux enfans de lafamille. Il en est de même du jardin : au sur-plus , une bonne ménagère saura toujours biencomment elle doit consommer ses œufs et seslégumes , soit pour des jours de fêtes, soit pourl’utilité générale de la famille.
Chapitre IL Art. I er . Froment.
A l’époque où ces notes se rapportent , leblé froment ne valoit, la moisson étant bonne ,que 16 livres le sac. De 1760 à 1789, le prix desblés, année commune , n’a été que de 18 livres ;celui du seigle, 12 livres; celui de l’avoine, 6livres, etles autres grains et denrées à proportion.
On a donné un prix aux pailles , quoique lefermier se garde bien de les vendre.
Il y auroit encore quelques autres observa-tions à faire sur la recette ; mais nos lecteurspeuvent y suppléer sans peine.
Résumé du Tableau de la cidtureflamande, et
du Compte en recette et en dépense de l’ex-ploitation de seize bonniers , près de Lille .
En résumant toutes les dépenses , on a trouvéque les avances et les frais pour faire valoir seizebonniers, s’élèvent à une somme de 9,24° livres,et que la recette ne peut guère être portée au-delà de 9 , 3 i 6 livres. C’est-à-dire que la recetteet la dépense de cette culture laborieuse , se ba-lancent , à peu de chose près.
Que reste-t-il donc au fermier pour son béné-fice annuel ? Avec quel prix de ses sueurs et deson industrie , pourra-t-il faire face au renou-vellement des outils aratoires ; à la mortalité desbestiaux ; aux inclémences du ciel ; aux mala-dies , et à tous les accidens qui sont presqueinévitables dans le cours d’un bail de neufannées?
Il est trop vrai qu’on ne peut lui trouver unbénéfice quelconque , dès que l’on veut sup-puter en détail sa recette et sa dépense. S’ilgagne quelque chose, il ne le doit, i°. qu’à cequ’il trouve sa nourriture , ainsi que celle deses domestiques , ouvriers et bestiaux , dans leproduit de ses terres et de sa basse-cour ; 2°. qu’àson travail propre et assidu; 3 °. qu’aux soinset aux peines qu’il se donne tous les jours , soitpour se procurer des engrais, labourer à propos,se pourvoir de bonnes semences, semer en sai-son, etc. etc. ; se ménager sur tout, tirer partides plus petites choses que produit sa basse-couret son jardin. On dit, avec raison, que le fer-mier Flamand, pour vivre , lésine sur tout, etfait argent de tout.
On a laissé entrevoir qu’il peut retrancher unpeu de la dépense des domestiques, sur-tout s’ila des enfans en état de travailler. Il peut obtenirquelques légumes de son potager ; il diminuera ,par ce moyen , la consommation de la viandesalée. Une fermière intelligente tirera sans doutequelques profits d’une basse-cour bien réglée ;mais il faut bien lui réserver et à sa famille ,quelques douceurs, si nécessaires pour rendre