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Tome I.
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DU THÉÂTRE DAGRICULTURE.

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supportables les travaux rudes de lagriculture.

Il résulte donc que léconomie, un travailassidu , et de fortes avances , peuvent seuls sou-tenir lagriculture au point de splendeur ellese trouvoit dans la Châtellenie de Lille , à lé-poque dont il est question. Il ne faudroit cepen-dant quun surhaussement dans le prix desbaux , ou des pots-de-vin durement exigés ,pour ruiner lagriculture. Le mal ne se feroitsentir que lentement, parce que le petit fer-mier , ne sachant se placer, commenceraitpar manger ses fonds avant que de quitter laferme , et laisserait alors le propriétaire avecun bien fort détérioré.

Léconomie est tellement la base du plan da-griculture que lon a tracé, quil est impossiblede sarrêter à aucune autre idée ; il nest presquepas de propriétaire de ville qui ose faire valoirpar lui-même , parce quil ne pourroit pas en-trer en concurrence avec son fermier pour lé-conomie intérieure , et le travail extrêmementrude du dehors.

Cest une espèce dhommes bien respectableque celle des fermiers Flamands. Ils aiment pas-sionnément leur état, et ils sèment , sans ré-serve , leurs capitaux et leurs épargnes , sur leschamps qui les environnent. On a vu un bon-nier quatre cent de terre, loués i3o livres,vendu 10,000 livres. Cétoit un petit fermierqui achetoit ce morceau de terre, persuadéquil plaçoit avantageusement le fruit duneéconomie de quinze ans.

Une chose dont on est bien convaincu enFlandre, quoiquon en doute ailleurs, cestque si lon adoptoit le système des grandesfermes , on verrait bientôt sécouler dans lesvilles les capitaux destinés à lagriculture. Sup-posez la réunion de cinq fermes , comme cellequi a servi dexemple , ou trois cent vingt ar-pens de Paris , en une seule culture ! Voilà tout-à-coup , cinq familles jetées dans la classe desjournaliers ; mais ils ne voudront pas sy ran-ger ; ils se placeront dans les villes ; et, avecleurs foibles capitaux , ils se livreront à quel-ques petites entreprises de commerce. Il fautfaire attention quil est beaucoup plus facilede trouver cinq hommes laborieux avec 6,000livres chacun , quun capitaliste qui versera |

tout-à-coup 3o,ooo livres sur une terre qui nelui appartiendra pas. Enfin , si le système desgrandes fermes sintroduisoit en Flandre , onretirerait alors une grande partie des capitauxrépandus dans la Châtellenie , on dépeupleraitcette belle contrée ; le fermier qui sapercevraitbien quil serait difficile à remplacer , feroit in-failliblement la loi aux propriétaires , et né-gligerait ses cultures, pour diminuer ainsi sesavances. Alors, peut-être , le système des ja-chères reviendroit ; car , en physique , quand ilfaut trop de mouvement pour faire aller unemachine , toutes les parties tendent au repos.

Mais pourquoi changer le système des ex-ploitations bornées , qui réussit si bien enFlandre ? On va voir , dun seul mot, quil enrésulte une véritable richesse territoriale, etune population immense.

La France , qui contenoit à lépoque dont ilsagit , vingt-six mille neuf cent lieues car-rées , noffroit que huit cent quatre-vingt-onzehabitans par lieue. La Châtellenie de Lille , ouina quenviron dix lieues carrées , sur huit auplus, offrait cent soixante mille habitans , oudeux mille individus par lieue , sans y com-prendre la population des villes de Lille , DouayetOrchies. Nulle autre étendue de pays , égaleà celle-ci, en France , en Allemagne , en Angle-terre , et dans quelques autres contrées que cesoit , nest ni aussi peuplee , ni aussi produc-tive. Voilà un fait, auquel on na besoin da-jouter aucun commentaire.

Ainsi , lon a eu raison de penser que cestdans la ci-devant Flandre quil faut aller étu-dier la pratique de lagriculture. Le Tableau etle Compte dune ferme flamande , appartenoientdonc essentiellement aux notes sur le livre clas-sique en agriculture dOlivier de Serres . On lesa tracés avec le plus grand soin ; et lon sencroirait bien récompensé, si lexemple quondonne à cet égard , étoit suivi dans tous les can-tons de la République . Il serait utile de remplirpar-tout le même canevas , pour faire connoître,par des tableaux précis et des calculs compara-tifs , le bilan particulier des cultures locales ,dont se compose le bilan général de lagricul-ture françoise.

Mais on naura nulle part une aussi grande

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