DU THÉÂTRE D’ AGRICULTURE.
jiccommo■der lesju'tces de rai-sins aufonds.
fouissant sur la place , mesme, comme aarbres , esté monstré ailleurs. Estant le fondschargé d’arbres, ou occupé de vieux cepsde vigne, en ostant curieusement telsempescliemens, on en sera quitte , à l’u-tilité de la nouvelle plante, qui se res-jouitd’estre seule, et par le contraire se fascliejusques au mourir , du voisinage d’autreLa> larrons, que de son espèce. La vigne estant loinde la maison , ne faut que la bien clorrepour oster l’espérance aux larrons d’y en-trer, faisant en sorte qu’aucun n’y ait ac-cès , que par vostre congé. Toutes ceschoses se peuvent faire avec de l’argent,asseuré moyen pour faciliter plusieursdifficultés. Dieu ayant donné à l’homme,- liberté de manier la terre à son plaisir. Sien outre sommes contraints planter lavigne en endroit ne produisant de lui-mesme guières bon vin, y mettrons lesespèces de raisins, rapportans abondam-ment : afin de récompenser en la quan-tité , ce qui y pourroit défaillir en la qua-lité. Estant le lieu plus froid et phis platque ne désirerions , nous y logerons lessortes de raisins , ayans petite mouelle ,pour, à cause de leur naturel, résistermieux que nuis autres , aux bruines etfrimais qui sont plus fréquents ès lieuxenfoncés qu’ès relevés : et aussi celles quiont les grains rares, clairs et durs , et fa-ciles à meurir tost, à ce que n’estansd’eux-mesmes sujets par trop à la pourri-ture, par leur prompte meureté, et yprofitent raisonnablement. Ainsi com-pensans ces choses, par la tardiveté dufonds , et hastiveté du raisin, la vigne serendra de passable revenu. Le contrairenéantmoins ne doit estre observé en l’as-siete contraire à la susdicte : car ès lieuxchauds , secs , sablonneux et eslevés ,
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fructifient tous-jours mieux les raisins fa-ciles à meurir , que les difficiles. Maisaussi la qualité de telle assiete avançantd’elle -mesme la maturité des raisins tar-difs , faict que les meilleurs pour tels en-droits, sont ceux qui tiennent l’entre-deuxen ceste qualité : et dont en outre , lesgrappes ont les grains près-à-près l’un del’autre, subtils et délicats, et lesquelsper-dans tost leur fleur, ne craignent pas troples brouées , gelées , ni eschaudures :non-plus se pourrissent-ils ne flétrissentextraordinairement par pluies et séche-resses , ains résistans vigoureusement àl’une et à l’autre intempérie, joincte lafaveur de l’assiete, rapportent celle qua-lité et quantité devin tant recerchées(io).
L’article du complant est tout à la dis- F “‘ r ‘ honn ‘
• ■ -J » 1 . . élection du
position du mesnager , le pouvant choisir comptant.tel qu’il désire. Parquoi, ce sera preuvede son ignorance et à sa honteuse perte,s’il fournit son vignoble de plant de rai-sins infertiles, ou de peu de valeur. Aussimoyennant digne élection de complant,ayant l’aer et la terre propres, rendra-ilsa vigne excellente, pour produire abon-dance de précieux vins. Ce poinct gisttout en expérience , science seure et cer-taine pour tel négoce. L’avis de Colu-melle , qu’il tire de Caton et de Celsus ,est, de ne planter aucune sorte de cou.3, c .vignes , que le bruit commun n’aucto- *'ri se : aussi de ne garder longuementle complant, s’il n’est treuvé bon parexpérience. Suivant lequel salutaire con-seil , nous nous résoudrons de fournir nosvignes des espèces de raisins, qui chésnous, ou près , rapportent grande abon-dance de bons vins, et de longue garde :à ce qu’avec plus d’asseurance de profit,et moins de hazard, puissions dresser