T R O I S I E S M E LIEU
Moyenprocéderpour riedèceit.
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nostre vignoble, que plus ingénieusementnous-nous serons maniés en ccst endroit.Ce n’est toutes-fois un commandement siestroit, qu’on ne se puisse dispenser dese fournir de complant de vigne, d’ail-leurs que des voisins : et qu’il ne soit rai-sonnable , défaillans près de nous lesbonnes races , d’en aller prendre loin :autrement ce seroit tous-jours en venirlà, que de n’avoir autre sorte de vin,que de l’ordinaire. Chose à laquelle gensd’esprit ne s’arrestent ; ains taschent ,non seulement à amender les défauts cpiipeuvent estre en leur mesnage, ains àexceller par-dessus le bon et le beau qui yest : sur tout en matière de vins, où cha-cun désire de n’estre second à aucun ;pour la gloire que c’est d’avoir chés soi lemeilleur vin de la contrée. A cela néant-moins convient aller fort retenu, afin quetrop de curiosité ne rende vains nos pro-j’y jets. Le moyen de ne glisser en ce pas-slre sage , n’est impossible, ni trop difficile,pourveu que vous - mesme vous y em-ployés , 11’estimant que beaucoup degens vous y puissent satisfaire. Sans vousarrester doriques aux discours et pro-messes d’autrui, voyageant près et loinde vostre maison, en temps de vendanges,contemplés curieusement les espèces deraisins qu’y verrés , pour y prendre avis :afin d’en tirer en la saison, des races,s’il y en a qui vous agréent. Nobmettantlors avons instruireavec les gens dupays,de l’ordre qu’ils tiennent à planter etgouverner leurs vignes, et à faire et con-server leurs vins : à ce que comparant ceschoses aux vostres , en semblable actionpuissiez en espérer plus d’utilité , quemoins les qualités s’en trouveront discor-dantes. Et bien qu’y remarquiés quelque
différence, pour peu ne vous arresterés jmesme si voyés à l’oeil telles espèces sur-passer de beaucoup les vostres, en déli-catesse de raisins, et rapport. Vous as-seurant, que le changement d’aer et deterre, ne les fera tant deschoir, qu’il n’yreste encores prou de vertu , afin qu’ellesfructifient chés vous, paraventure nondu tout si bien que d’où les aurés tirées(par ne rendre le vin entièrement si ex-quis, que sur leur propre mère) , mais siferont-bien sans doute, meilleur que voscommuns. Ainsi plusieurs l’ont heureu-sement pratiqué en ce royaume , en di-vers endroits duquel ont esté eslevées desvignes grecques, italiennes, et d’autrestirées de loin , comme le sieur de Mom-basenc en a planté une de Grèce , et lesieur de Sainct Dezeri une de Malvoisie ,dont les crocètes ont esté portées directe-ment de Candie.
Toutes sortes de plantes ont ceci decommun avec les semences, que de dési-rer la mutation de bon en meilleur ter-roir , ou pour le moins, de ne perdre rienau change : pour la crainte du deschet,avenant lors, que de bon on les remueen mauvais endroit. Sur laquelle maximeon ne s’arreste entièrement en faict devignes, parce que désirant en avoir desexcellentes, de nécessité s’en faut pour-voir des lieux esquels on les treuve, quicommunément sont méridionaux à nostre
aspect, plus chauds et plus fertils pour lavigne, que les nostres. Auquel cas, biai-sant , surpasserons ces difficultés-ci, enles logeans si bien chés nous, dans terrecurieusement préparée , qu’elles se res-sentent duchangementlemoins qu’il serapossible. Ceci est notable, que de ne sefournir de crocètes de vignes arbustives,