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TROISIESME LIEU
cinqi°rtn Les Anciens ont divisé leurs vignes
de vignet te-
ion /« An- en cinq sortes ; assavoir, l’une traînanteet rempante en terre sans aucune éléva-tion : autre soustenue d’elle-mesme surson tige et pied , un peu rehaussée, sansautre moyen que de son propre bois :autre eslevée et soustenue par paisseauxet eschalats : autre en treillages haute-ment : et la cinquiesme, jettée sur lesarbres, s’agraffant aux branches. La ré-volution des temps a osté de ce nombre lapremière , n’estant telle vigne rempanteauiour-d’hui en usage ( 1 4b Restent lesau-
Aujourd’hm ' ° V ' . ,
trois qui sont, très quatre, que mettrons en trois ordres,pour ne se confondre, assavoir en basse,moyenne , et haute , desquelles on sesert par tout ce royaume : diversementtoutes-fois , selon les propriétés des cli-mats , froidures et chaleurs qui régnentparticulièrement par les provinces. Labasse accouplerions-nous avec l’eschalas-sée, pour la sympathie qu’on remarqueentre-elles, ne discordans beaucoup enqualités : si ceste-ci ne laissoit la compa-gnie de ceste-là , s’en montant sur sespaisseaux. Comme aussi pourmesme cor-respondance , joindrons-nous ensembletoutes sortes de vignes appuyées en quel-que sorte, sans la notoire différence qu’ily a entre les eschalassées et quelques per-chées , à celles qui sont portées par lesarbres. Donc pour l’ordre les distingue-rons - nous comme dessus, donnant lenom de basse , à celle qui sans moyense porte elle - mesme sur son bois; demoyenne, à l’eschalassée, et à peu deperchées, comme celles à lignolot ; et dehaute, aux arbustives ou branchées ,soustenues des arbres, et autres eslevéeshautement en treillages. La plus priséede toutes les vignes est la basse , mesme
selon le jugement de Columelle, aussic’est ès endroits où les plus exquis vinscroissent, que la seule vigne basse est enréputation ; comme au contraire , l’ar-bustive ne produit le vin que petit, foibleet verd : ce que remarqua Cyneas, agentdu roi Pyrrhus , passant par R-izza , an-ciennement appellée Aricie (Tite-Live ,première décade, livre second) , dont ilproféra ce mot de risée, despuis tant cé-lébré , qu’on avoit faict justice d’avoir sihautement pendu la mère, qui avoit pro-duit si meschant vin , que celui que là onlui avoit donné àboire. Tousles Antiquesn’ont généralement esté de cest avis ,ayans aucuns estimé les vins meilleurs,où les vignes estoient plus eslevées : etplus abondans, ès plus basses. Chosecontraire à ce que nous voyons aujour-d’hui , et pour le goust, et pour la quan-tité des raisins, laquelle on remarquebeaucoup plus grande ès vignes hautes,qu’ès basses ; et en celles-ci, beaucoupmeilleur le vin, qu’en celles-là. Le Lan guedoc , la Provence, la Gascongne, par-tie du Dauphiné , de la Guyenne , del’Anjou, et ailleurs où pour la chaleur deleurs situations , ont presque tous desvignes basses. La France , la Brie, la "sr'™*»Champaigne , la Bourgongne , le Bour-bonnois , le Berri, et autres provinces ,tant pour le naturel de leur ciel, quepour continuer leurs coustumes, n’ontque des eschalassées et perchées. Et au Haut,haut Dauphiné près de Grenoble , et enSavoie , le plus est d’arbustives et hautes,grimpans avec admiration hautement surles arbres, où pour les froidures des pro-chaines montaignes on est contraint lesy loger. En Piedmont et en plusieurs en-droits de l’Italie , aussi les vignes fructi-