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DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
servation des vins en sera plus asseurée,que si c’estoit la blanche : et la délica-tesse des raisins blancs, leur donnera ceprécieux goust que chacun désire. Ainsise rendra vostre vignoble proportionné-ment composé pour tout ce qu'y cerciiés.si quoi ? en Non moindre délectation que profi-tahul T t eLt table revenu, aurés de vostre vignobledCpTeTd^ ainsi disposé : agréable aussi à toute sorte' de gens d’entendement, voyans vo strelabeur. Mesme quand par telles distinc-tions , ès allées laictes à l’entre-deux desespèces des raisins , on se pourmeneraaisément par toute la vigne : dont serésincité à la visiter souvent, et en suite àlui fournir les choses requises à l’aug-mentation de son revenu : ainsi que partelle occasion de jour en jour prendrésavis. Au défaut de quoi, manqueront àla vigne beaucoup de nécessités et age an-cemens; d’autant qu’on ne se soucie dece qu’on ne void point ; aussi dict le pro-verbe :
Le cueur ne veut douloirCe que l’œil ne peut voir.
ïw „rhrt L’on s'abstiendra de planter dans la
•• nuit à la vi- , *
te™. vigne , aucun arbre $ afin que sans em-peschement elle jouisse de la lumière etchaleur du soleil. Ce dire se treuve suffi-samment vérifié , que
L’ombre du bon maistreFaict la vigne croistre ;
toute autre lui estant pernicieuse , etpréjudiciable. Aussi qu’esloignée du voi-sinage des racines d’autre jdante , auxsiennes seules , soit donnée toute la sub-stance de la terre : asseuré que tous-joursla vigne reçoit de l’intérest par l’approchede tout arbre, quel qu’il soit. Mais sitant est qu’on y en vueille, les plus sup-portables sont les moins dommageables :
comme les oliviers, qui d’eux-mesmes ne Moi™ nu-
' *■ vier , et lui»
nuisent beaucoup à la vigne ? pour quel-que sympathie qu’on remarque entre cesdeux plantes , joincte la petitesse de telsarbres. Les peschers , aubergers , abri-cottiers, pruniers , amandiers , sont lesarbres qui pour leur peu de branchage(exceptésles abricottiers, qui enontbeau-coup en lieu qui leur agrée) nuisent lemoins à la vigne(i3).Le figuier et la vignes’entr’aiment aussi, mais estant le figuierfort touffu en branchage , opprimant lavigne, faudra estre lort sobre à y enplanter : quoi-que ce soit de l’usage deplusieurs , mais à leur perte ; comme envendangeant la vigne, cela se recognoist.
Et de quelque espèce d’arbres que ce soit où pister
1 ■ > les arbres en
le moins qu on y en pourra mettre, sera & v i g „ e> ea ,le moins nuisible j non jamais au milieu "'pJ'Éfjüde la vigne, ni en autre endroit, d’où la ,re -vertu du soleil puisse estre du tout ostéeau raisin : mais plustost en tour d’icelle ,mesme du costé du septentrion, par estrede là moins nuisibles les arbres que d’ail-leurs : ou seroit qu’il y eust des largesallées traversans la vigne , auquel casl’on se pourra dispenser. Grandes diver-sités se voyent au gouvernement de la j° u 'vigne , où despuis le planter jusques à la *“'•façon des vins , leur garde et débite , n’ya que contrariété d’avis : ne se treuvansen aucun endroit, trois hommes s’accor-der par-ensemble en ceste sorte de mes-nagerie , si ce n’est en l’aflèction com-mune que chacun a , d’avoir en toutessaisons, abondance de bons vins. Ce quime gardera d’en vouloir particularisertoutes les façons , comme aussi chose im-possible et non-nécessaire : ains me feraarrester à ce que j’estime estre le plus re-quis pour tost avoir un profitable vignoble.
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