DU THEATRE D’AGRICULTURE. a3 7
reusement fructifié, pour aucunement ladeslasser, conviendra la tailler court, luidonnant peu à nourrir. Et au contraire ,n’ayant satisfaict à son devoir, lui bail-lera - on grande charge la tenant longueen sa couppe : car par telle diversité, ellerapportera contentement, ce que toutes-fois convient civilement entendre, afin den’altérer l’ordre.
Les sar- Taillée que soit la vigne, les sarmensr retir et. en seront diligemment lies en taisseaux ,
petits ou grands, selon l’usage des lieux,aussi tost transportés dehors la vigne, àcouvert, et là conservés pour le chauf-fage : afin d’en labourer le fonds inconti-
ïremur nent après. Telle première oeuvre appel-'tvtgnl, “Jet lée , fonsser, se donne par hommes ro-jsoittter. bustes , avec besclies et hoyaux, en pro-fondant tant qu’on peut, pour mettre laterre en bon guerest, et tout-d’une-mainen sortir toutes importunités de pierres etracines. Si on la veut faire à chevaliersimple ou double , tant mieux vaudra ,encores que telle sorte de culture soit par-ticulière pour les nouvelles vignes, entoutes autres s’en abstenans pour l’es-pargne. Aussi c’est l’espargne , qui atreuvé l’invention de labourer la vigne
O
pour la première fois de l’année, avec lesoc traîné par une ou deux bestes. Cinqou six lignes en sont faictes en l’entre-rang, et en somme, autant que l’approchedu soc et pieds des bestes le permet, sansl’offence des ceps. A quoi un homme estadjousté , se prenant garde que mal n’yavienne , et tout-d’une-main, avec lehoyau achevant de cultiver les pieds desceps où le soc ne peut mordre. Et moyen-nant que la vigne soit disposée à cela,dès le commencement, comme j’aymons-tré, et que le fondsne soit beaucoup pen-
dant ne pierreux, y a du mesnage (23).
Car on fera deux ou trois passades à lavigne , s’entre-croisans avec autant d’u-tilité que le marrer et moins de despence.
Ceste première façon, à la main ou ausoc, s’employe dans le mois de Mars ouau commencement de celui d Avril, avantque les vignes bourgeonnent. Laseconde, sùner.dicte, bisner, apres qu’elles auront pro-duit leurs rameaux avec les raisins , nontoutes-fois devant lami-Mai, après avoirpieu , car lors les herbes mourront entiè-rement. Pour l’empeschement du bran-cheage, ce labeur- ci ne se faict par lesbestes , ains par les hommes avec.lehoyau, les raisins n’estans en fleur, depeur de les faire escouler par esbranle-ment, et par là se priver de vendange ,mais à telle cause faudra s’avancer ou re-culer. Sera bon en mesme temps qu’onbisne la vigne , qu’en certains endroitsde Languedoc on appelle, reclorre , dela faire espamprer et esbourgeonner ; E, r m W er.c’est à dire , d’en faire ester les pampreset remettons superflus croissans ailleursqu’ès portoirs ou testes de rapport dontles ceps deschargés plus facilement nour-riront leurs raisins, qu’enveloppés de cesimportunités. Cela se fera à bon marchépar femmes et enfans, lesquels marchansdevant les bisneurs, à tout les mains ar-racheront telles nuisances. J’ai dict pour-quoi l’espamprer est défendu aux vignesles plus nouvelles , et combien domma-geable en est l’usage les deux ou troispremières années \ à quoi faudra s’ar-rester. Mais ce terme estant passé , on letrouvera très-utile, et pour le fruict,commej’ai dict, et pour le cep, qui par telle cu-riosité se rend facile à estre taillé , ausoulagement du vigneron: toutes-fois cela