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TROISIESME LIEU
sant et endécours ,parannées alter-natives f serataillée la vi-gne ja forti-fiée.
Le tempsde la taillesera distin-gué.
la vigne, parcreue et estant en port, seraune année en croissant et l’autre en dé-cours : afin de l’entretenir en bon estât,par les diverses propriétés observées entelle planète. Car puis que par influencecéleste, toute couppe de bois, faite lorsque la lune croist, produit plus de bois ,que quand elle décroist : et au contraire,plus de racines ; la vigne par ce moyenest accommodée de ce qu’elle désire, parcompensation de différentes facultés, sefortifiant du pied en une année , et sefournissant de rameaux, en une autre :dontelle se rendcapable de fructifier abon-damment , et longuement (21). Quant autemps, il sera limité par le fonds de lavigne et espèces de ses complants, selonl’adresse du planter. Si la vigne est assiseen coustau chaud , de terre maigre etsèche , et composée de races ayans petitemouelle (22) ; sera couppée le plustostqu’on pourra après que ses fueilles serontcheutes : au contraire , le plus tard, cellequi est posée en platte campagne , deterre grasse, humide, et froide, fourniede complant de grosse mouelle. Et oùqu’elle soit assise , ne de quelles espècescomplantée , tous - jours choisira-on unbeau jour pour la tailler, non importunéde froidures ni d’humidités, comme aesté remarqué. Parquoi en un endroitfaudra mettre la serpe devant l’hy ver, eten l’autre après. Le plus-tost est limitéau mois d’Octobre , le plus-tard en celuide Mars : l’entre-deux sera bon pour lesvignes qui sont ès lieux tempérés, dont leplus désirable temps , est le mois de Jan-vier ; pourveu qu’il souffre le travailler.Ceci est tout asseuré, que la taille prime-raine, faicte en la montée de la lune, causeabondance de bois aux vignes : et la tar-
dive en sa descente , au contraire , n’en,faict produire que bien peu. L’observa-tion de ces deux contrariétés est du toutnécessaire. Car par le premier moyen ,on remédie aux vignes languissantes ; etpar le second, aux trop abondantes enbois : dont les unes et les autres se per-dent , bien que par contraires chemins,mais par là , sont-elles remises en estâtde bien fructifier. A ceste-là donnantvertu et force, la taille avancée, pour luifaire produire du bois, dont elle a faute :et à ceste-ci, la retarde, lui rabbatantson trop d’orgueil et luxure , qui la sur-charge en rameaux , l’empescliant defructifier , par y employer toute sa subs-tance. Et ce en lui faisant vuider enlarmes telle sur - abondante humeur ,qu’en grande quantité l’on void distillerau printemps. Ne craindrés donques d’u-ser de ces remèdes autant longuement quevos vignes le requerront : assavoir, deux,trois, ou quatre ans de suite , et ensomme jusqu’à ce que verrés y avoir de l’a-mendement. Aussi noterés ceste maximegénérale ; que plustost la vigne est tail-lée plus elle jette de bois. Et plustard,plus defruict. Ce qui s’accorde àla pluspart des terroirs , mais non tantgénéralement en toutes les espèces devignes. Or le fruictne pouvant venir sansbois, il est donques nécessaire d’en avoirne peu ne trop pour estre accommodé devendange, but de la culture de la vigne.Les espèces des complants ayans petitemouelle, seront taillées en toutes saisons,le fonds n’y contrariant : mais ceux quil’ont grande, où qu’elles soient plantées,tous-jours après l’hyver, de peur des froi-dures pénétrans dedans par leur grosseentrée. Après que la vigne aura plantu-
Les racesaussi.