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Tome I. IIe. Partie.
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DU THÉÂTRE DAGRICULTURE. z3 9

ii ois mou -

du vin, presque tous autres ne faisans quelaugmenter, en empirant son goust : surtous les puants et trop pourris, desquelsvous vous abstiendrés en cest endroit .Telleconsidération a bien tant ouvré à Gaillac ,que par décret public, le fumier de lavigne y est défendu, nestant permis,mesme au particulier, de fumer sa pro-pre vigne : de peur de ravaller la réputa-tion de leurs vins blancs, desquels ilsfournissent leurs voisins, de Tliolose, deMontauban , de Castres , et autres : etpar ce moyen, se priver des bons deniersquils en tirent, consiste le plus liquidede leurs revenus. Après les fermiers ducolombier et poulailler, faictes estât descimes et tronçons du bouis, du gros foindemarests, immangeable par les bestes,des despouilles des bastimens , commesables et chaux meslingées, des nouveauxet vigoureux terriers (car toute terre demeilleure nature, que celle de la vigne,lui est feunier agréable) des balieures dela maison et basse-cour, et semblablesdrogueries, quincorporerés dans le fondsde la vigne au temps susdict. La terre dela vigne ainsi, et en telle saison remuée ,se cuira par les froidures et glaces de liiy-ver, si bien, que soupple et déliée, lesracines de la vigne facilement la péné-treront : dont elle maintiendra sa vertuet force , pour produire abondance defruict : se préparant de longue-main à secharger de raisins. Et encores que telleoeuvre couste plus que les précédentes ,tant pour la petitesse des jours , quem-peschement des rameaux de la vigne, siest-ce que le bon vigneron ne lobmettra,pour le bien de sa vigne, lheureuse pra-tique layant ja authorisée.

Les Anciens tiennent estre entre toutes

plantes, trois divers mouvemensj assa vemens en

1 f\ « j toutes plan'

voir, bouter, fleurir, meunr : et qu ai-dant à nature, doivent estre excités parlabourage. A quoi pour le regard de lavigne, les trois liouemens et oeuvres sus-dictes se peuvent rapporter. Et en les ap-proprians à leurs usages, treuverons quechacune dicelles faict son particulier of-fice , au profit de la vigne : et toutes en-semble tendre , que de la faire abon-damment fructifier. Telles facultés sem-blent estre spécifiées par ce proverbe aupatois du Languedoc , qui fouoï, buoï:qui bine , vitie : qui tei'ce , verse :monstrant par dégrés ce quon doit espé-rer de la vigne, bien ou mal cultivée.

Cela est tout certain, que trop ne peut-oncultiver le fonds de la vigne, pourveuque le temps favorise : mais afin davoirquelque limite en son labeur , par expé-rience a-on recogneu, que la vigne secontente destre dans lannée deschausséeet taillée une seule fois, et labourée oumarrée , trois. Encores que la troisiesme mnest de nécessité , veu quavec deux te° mtec ° n -seules , plusieurs bons vignerons entre- gm.tiennent leurs vignes. Mais à ces exem-ples ne sarrestera du tout le bon mesna-ger, ains dressera lordinaire de sa vignesuivant lordonnance susdicte , dont il lamaintiendra en bonne volonté pour lon-guement fructifier. Treuvera aussi parexpérience, que lui continuant ce train- sans interruption ne diminution, qua-vec grand rapport sa vigne sentretien-dra, sans excessive despence : voire lestrois oeuvres dont est question ne luicousteront guières plus que deux, celaprovenant de la facilité de la culture, es-tant un coup la terre de la vigne mise enbon guerest. Ce quon recerche en ceste