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sorte. A une vigne de vingt journées ,qui peuvent estre environ deux arpens ,peu moins, à la houer ou fousser pour lapremière fois de l’année , faut employervingt hommes durant un jour, ou un seuldurant vingt-jours : quinze, à la bisner :et autres vingt à l’hyverner, à cause de lapetitesse des jours et destourbier des sar-mens. Cela s’entend pour la premièreannée qu’on commencera à mettre lavigne en ce train-là, car les suivantes ,pourveu qu’elle soit taillée et vendangéeen temps non trop humide , de peur d’enendurcir le fonds en le trépignant, qua-rante-cinq ou cinquante journées satisfe-ront largement pour les trois oeuvres : at-tendu que le fonds par tel traictementdevenu maléable , se laissera facilementlabourer : moyennant laquelle culture ,ne serés contraint de fumer vostre vigne :car sans autre engraissement, elle pro-duira abondamment , et d’autant meil-leurs vins, et plus servables, que moinsla vigne aura senti de fumier.
Le provigner en la vigne basse, ne sepeut dire labeur ordinaire , ains répara-tion : par n’en user que lors que parvieillesse ou accident, les ceps défaillent ;desquels est nécessaire la vigne demeurertous-jours fournie , si on en veut tirersuffisant revenu. Car autant couste decultiver la vigne rarement complantée ,que celle qui est toute occupée de ceps :et ce pendant le rapport est bien diffé-rent de l’une à l’autre. Partant Je bonmesnager ne souffrira jamais aucun vuideen sa vigne , ains la tiendra tous-joursremplie de ceps autant que le lieu le per-mettra. L’aage de la vigne change l’ordred’en réparer ses défauts. En son com-mencement , au heu des ceps morts, on
y en surroge des vifs enracinés, ainsiqu’à esté monstre : mais parvenue en ac-croissement , cela est hors d’usage, pourl’impossibilité de faire reprendre les nou-velles plantes parmi les vieilles : à causedu préplantement de celles-ci, opprimanscelles-là, dont faut recourir de nécessitéau provignement, seul et asseuré moyende remédier à telles défectuosités. Letemps de provigner , est celui mesmedu planter, avec remarque des circons-tances représentées des lieux, chauds, etfroids : secs et humides 5 des complantsayans grande ou petite mouelle, pourles employer selon leurs propriétés. Lapluspart des vignerons couchent dans terreles meilleurs ceps, s’accordans à la né-cessité des lieux, afin de tenir tous-joursla vigne fournie de bonnes races. Maisd’autres , plus oculés , pratiquent lecontraire , choisissans à telle occasion lesinfertiles souches qui ont beaucoup debranches , comme le plus souvent cela sevoid, les moins fructueuses abonder leplus en bois : lesquelles couchans dansterre ils entent tout-d’une-main au boutde chacun sarment^ à la manière ci-aprèsenseignée. Ainsi en y mettant de bonsgreffes, 011 se peuple des meilleures racesde raisins qu’on puisse choisir, de mesmese défaisans des mauvaises, qui est fairedeux bonnes œuvres à la fois •, car autantrequis est-il de se descharger des plantesinfertiles , comme utile, de s’en acqué-rir des fructueuses. Défaillant mineurepour provigner la vigne ès lieux vuides ,faudra laisser à tailler les ceps voisins ,pour une année , dans laquelle jetterontdu bois à suffisance pour satisfaire àvostre désir.
Donner du fumier au provin, c’est
chose