DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
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qui a apporté fruict la précédente année,exceptés quelques sarmens de nouveaubois , longs , qu’on y laisse pour la pro-duction du fruict; ostant au reste, tousrejets superflus. Ce faisant , la vigne sedeslie, et comme pour rafreschissement,se deslasse, estant nettoyée de toutes sesimportunités : après elle est reliée avecdes oziers doux et flexibles ; afin quemoins en soit blessée. A quoi ceste consi-dération servira, que de ne mettre le liendeux ans de suite en un mesme endroit,de peur d’en ofîèncer le cep ; ains'par an-nées alternatives, remuer la ligature plusi:om «. haut ou plus bas. L’arbre aussi tout-d’une-
mundetra A
t a ,br,. main sera esmundé par chacune année,
et d’icelui osté ce qui apparemment em-pesche l’accroissement de la vigne ; au-quel sera laissé seulement le nécessairepour le support des rameaux des ceps. Lavigne, pour sa grande fertilité , produitquelques - fois telle abondance de dra-geons , que les branches de l’arbre ne sontcapables de les contenir; ains, commentqu’on les dispose, versent en hors, se pré-cipitans en bas à l’intérest des raisins :desquels, ainsi suspendus, s’en j>erdbeau-coup, par l’esbranlement des vents. AFour-quai cela le remède est , de roigner les cimesdes jettons que verrés fort jetter en hors,
'°.“ e a ' e la contraignant, par ce moyen , la vigne ,de se maintenir en ses limites ; remèdequi servira aussi au profit des raisins ,restans sur leurs appuis, pour s’en en-grossir , par la raison notée ci-devant. Sid’aventure il vous faict pensement detondre ces drageons-là, pour l’abondancedes raisins qu’y verrés , afin de ne lesperdre, vous-vous en abstiendrés jusquesà la fin des vendanges, et lors sans dé-layer ni attendre la couppe générale de la
vigne , telle réparation lui sera faicte ; ladeschargeant par ce moyen , de l’impor-tunité des vents de l’hyver qui la travail-loient fort. Or comme ceste espèce de vi-gnoble (ainsi que toute autre) est estiméepour l’abondance de son fruict, et celane pouvant estre qu’avec suffisant nom-bre de ceps et d’arbres requis pour lessupporter: aussi doit-on mettre peine queles arbres en soient bien nourris et bienproportionnés , d’autant que plus paroîtque de nulle autre vigne , la laideur deceste-ci, quand les branches de ses arbresse treuvent manques et défectueuses.
Pour l’honneur du mesnage , et pour lebien du revenu avec , est nécessaire dela maintenir par bonne culture, en l’estâtqu’il appartient, et d’en réparer les dé-fauts avenans par vieillesse ou accident.
C’est l’ordre observé à l’entretene- , Pr on P ,cr
les ceps,
ment de toutes sortes de vignes , que deles provigner. On usera donques de ceremède envers le vignoble , particulière-ment pour le regard des ceps, lesquelsnon seulement souffrent, ains se réjouis-sent de telle culture. Des arbres n’est pas lesainsi, pour la difficulté de les renouvellerpar provignemens : laquelle se treuve plusgrande en terroir de vignes, qu’en autre :pour la qualité, plus sèche qu’humide ,qu’il requiert, contraire à tout provignerd’arbres , icelui ne pouvant estre sansbeaucoup d’humeur : et encores convientchoisir les espèces d’arbres, à ce particu-lièrement propres , qui ne sont de cellesqu’on employé à l’appui des vignes.
Sans donques s’amuser au provigner desarbres, pour les raisons dictes, ne d’y enreplanter de nouveaux, ne se pouvansédifier parmi l’embarras des racines de lavigne, icelles ayans occupé tout le fonds :