Hauteurdu tronc desarbres pourVappui de lavigne.
Despentepour Ventre-tien de cesvignes.
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nous remédierons à tels défauts, avec despaux, et perches, dont nous supporteronsles ceps qui en auront besoin , les accom-modans en treillages, comme s’accorderale mieux : par ce moyen, façonnant desvignes bastardes, participantes des ar-bustives et treillées j lesquelles ne pour-ront faillir de se rendre bonnes, et au-tant belles , que communément la diver-sité est agréable.
La hauteur du tronc ou fourclieure desarbres , n’est tellement limitée à huictpieds, qu’elle ne puisse passer plus outre.Ce sera le naturel du fonds, qui imposeraloi à ceci. Si la vigne est assise en lieu au-quel elle se plaist le plus , comme sontcoustaux et terroir maigre et sec, la me-sure susdicte suffira : mais en basse cam-pagne et terroir gras et humide, sera be-soin la hausser jusques à onze ou douzepieds, voire et davantage , selon la fé-condité du fonds j mesme si on sème dublé au par-terre : auquel cas, la hauteurdes arbres ne sera restrainte à certainemesure. Car les blés ayans besoins d’estrefavorisés du soleil et des vents, il est re-quis que le brancheage des arbres s’es-loigne beaucoup de terre, pour leur nour-riture. Comme avec merveille l’on voiden certains endroits de la Savoie , lesarbres porter la vigne fort hautement. Cesvignes hautes s’entretiennent à peu defrais , s’y espargnant le bois pour les sup-porter , et les journées des ouvriers à encultiver le fonds: à l’un satisfaisans lesarbres, et à l’autre la charrue, puis qu’a-vec elle se faict le labourage, hors-mis oùelle ne peut jouer, qui est près des arbresqu’on achève à la main. Telle commoditéy fera réitérer le labourage, tant que laterre se réduise en poudre, sans souffrir
y laisser croistre herbe aucune, encoresque le fonds ne soit destiné à porter dublé : car sans autre considération de pro-fit , que des raisins , la chose vaut bien lapeine. Joinct, que la disposition de lavigne , facilite l’œuvre, entant que sousles arbres , la charrue passe sans y riengaster. Les pieds des arbres et ceps, oùle soc ne peut passer sans apparent dan-ger d’en rompre quelque partie, seront(comme dict a esté) cultivés à la main,d’où on ostera toutes nuisances, pour lais-ser les bonnes plantes en liberté. Et commec’est chose asseurée, ceux-là recueillirmeilleur vin , qui plus de façons donnentà leur vignoble ; se résoudra en cest en-droit nostre mesnager, de n’espargner lelabeur à ses vignes, mesme à celles-cipour adoucir la sauvagine de leur natu-rel, provenante principalement de la qua-lité de son climat, à ce qu’il en tire abon-dance de bon vin, selon sa capacité.
Il a esté ci-devant pourveu à l’électiondu complant de la vigne, et de quellesespèces de raisins, en cest endroit, l’onse doit servir. Quant aux arbres pour sup- Quels ar -
• ... bres propres
porter ceste vigne , avec mesme curiosité à ce service.les faut-il choisir. Ceux-là seulement re-tiendrons-nous , dont les racines et les ra-meaux , ne sont de maligne nature , necontraires à la vinée, ne trop abondansen ces qualités-là : et qu’aient suffisanteforce pour soustenir la vigne, sans s’ac-cabler eux-mesmes. Ilestdonques requisles arbres avoir peu de douces racines, etmoyennement de rameaux pour invitertoute la vigne à s’accroistre et en ses ra-cines , et en ses rameaux, par-ensembleavec les arbres , communiquans leurs fa-cultés. Au contraire , ne les racines de lavigne , ne profiteroient près des racines