DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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ainsi mariés, s’en fera un seiul qu’on pro-vignera dans terre au mois de Mars en-suivant, et d’icelui se lormeira un cep quien son temps portera des raiisins tels quejuin--. demandés. Un plus court chtemin pourra-on tenir pour parvenir à ce jpoinct, c’esten se servant de deux nouveaiux tendrons,prins ès deux ceps voisins , différens encouleur, unis, incorporés e?t gouvernéscomme dessus. Par mesme aidresse diver-sifiera-on les saveurs et figuires des rai-sins , ainsi qu’on voudra : ein assemblantplusieurs ver-jettons de ceps die différentessortes , voire jusqu’au nombre de quatreou cinq.
Mettre dans le vuide de la fente des/a Maur. ce p S q U ’on ente , ou au lieu dte la mouëlle,qu’à ce expressément l’on auira ostée, desliqueurs etpoudres douces et arromatiques,comme succre, miel, canellle , girofle,muscade, pour donner bon gçoust aux rai-sins, et les parfumer : des couleurs despeintres, pour les teindre ett colorer : dela reubarbe, aloès cicotrini , et autreslaxatifs, restrinctifs, dormitiffs, pour cau-ser aux raisins telles vertus j de la thé-riacle, pour servir contre lie venin, etsemblables matières , n’est sscience asséssolide, ne sur laquelle l’on s<e puisse fon-der, quoi-que Plinee t Co ns t cantin-Césars’efforcent de l’enseigner. N<on plus quede faire venir les raisins sans jpepin en os-tantla mouëlle des crocètes qm’on plante :disans cela se pouvoir faire à tout unecur’aureille, les ayans fendiues de leurlong , et ainsi vuidées après irejointes lesloger dans terre. Il est bien certain quele vin tire quelques-foisl’odeuir des herbescroissans auprès des ceps, comime cela seremarque à Tournon et aillemrs , où levin de quelques terroirs sent Yaristolo-
des
vignesleurs remè-des :
chia rotunda , ou fausterne: mais celaest si peu, que ne pourroit servir en mé-decine. Contre l’avis de Caton , lequelpour remède en maladie , conseille fairedes vins provenans des ceps , près des-quels expressément l’onplante de l’ellé-bore et de la scammonée : et Pline yveut de l’aluyne et de l’hysope ; preuvantson dire parles vins croissans ès marestsde Padoue , sentans le saux. Ce serontles vins médicinaux qui serviront en cestendroit, si ainsi on le désire , qu’entemps de vendanges on dressera à vo-lonté : comme sera monstré en son lieu ,et partant sans nous donner peine de fairedes vignes droguées, les laissanslà, com-poserons le moust pour divers usages avecbeaucoup de facilité (36).
Touchant aux maladies des vignes , Mauxquelques petits remèdes bons et expéri-mentés y a-il, pour les guérir, que leprudent vigneron n’ignorera : la plus-part desquelles maladies, viennent acci-dentalement, ou du temps, ou d’impru-dence. De parer le temps qui leur con-trarie , n’est au pouvoir de l’homme, seu-lement par certaine providence en adou-cit-il aucunement le coup , et après enconsolide la plaie , Dieu lui ayant donnételle faculté. Aussi d’engarder d’injurierla vigne par sottise , dont bien souventelle se perd, comme de ne la tailler autemps et ainsi qu’il appartient, ou quandpar trop rude approche d’hommes ou debestes , elle est rompue, rongée, et au-trement mal gouvernée. Parquoi, en telsévènemens et autres nécessités, la vignesera secourue en ceste manière.
Les gelées sont aucunement destour- u,
nées de la vigne, si en les prévenant, on B ‘ U “ ’faict en plusieurs lieux d’icelle des grosses
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