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Tome I. IIe. Partie.
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TROISIESME LIEU

CHAPITRE VI.

P réparation aux Vendanges.

Le p ère- de - S 1 la vigne, au cours de sonmaniment,requiert beaucoup de science et de dilidnchargtr^ g ence } cest en ce poinct de la vendangevendan- 0 ù ces choses sont nécessaires , pour ens perfection de bonté et dabondance , ti-rer le fruict que Dieu par nous distri-bue. Les récoltes de tous autres fruictsque la terre produit, se peuvent faire parprocureur, autre intérest ne peut ad-venir , quen la quantité , demeuranttous-jours la qualité semblable à elle-mesme. En cest endroit, peut-on et enlune et en lautre, estre défraudé ; mesmecest chose non seulement très-difficile ,ains presque impossible , le père-de-fa-mille estre satisfàict touchant la qualitéde ses vins , si de loeil il abandonne sesceliers et caves , tant que ses vendangesdîneront, pour en laisser le gouverne-ment souverain à ses gens : nestant telleaction , celle quon doive commettre àpersonnes, dont le goust est semblable àla rudesse de lentendement. Aussi, cenest en la cave du grossier paysan, quoi-que sis en pays de bon vignoble , quecommunément lon treuve les plus pré-cieux vins; ains chés les gens de bonesprit , lesquels en rapportent cestelouange, que celui est estimé homme debien, qui a de bon vin. De est aussitirée ceste maxime , quune seule foislannée lon se doit apprester à boire.Suivant laquelle , void-on en temps devendanges desloger des grosses villes les

présidens, conseillers,bourgeois et autresnotables personnes , pour aller auxchamps, à leurs fermes , pourveoir auxvins : aimans mieux prendre telle peine,pour estre bien abruvés, que lestre mal,en espargnant ce peu de souci quil y a entelmesnage. Cest pourquoi les vacations FfraA , empide Septembre jusques à la Sainct-Martin, foZ'iZZsont ordonnées en tous les Parlemens de " a s e -France , donnans loisir à messieurs dela justice , par la longueur de ces deuxmois-, de faire faire leurs vins à leurplaisir ; nallans tant finement aux mois -sons , dont les fériés finissent presquesaussi tost quelles commencent. Nostremesnager donques , sesgayant en sesvendanges , pourvoira avant leur arri-vée , et à temps, à tout ce qui est requispour telle fatigue, et à loisir saccom-modera de tines , cuves , cuvetes , bai-gnoires , fouloires, pressoirs, cornues ,tonneaux, cercles , oziers , corbeilles ,mandes, paniers , et dautres meublesservans à tels usages. De mesme revisi-tera-il ses celiers et caves , pour les faire-accommoder, et nettoyer tant curieu-sement, quil en face ester toute saleté ,laquelle y séjournant pourrait causer mau-vaise senteur au vin; ce qui lui est tantpréjudiciable , que pour petite quellesoit, il sen rend mauvais, et de peu devaleur : comme au contraire , par lap-proche de la bonne, son prix sen aug-mente. Pour laquelle cause , seront lesceliers et caves situés en lendroit de lamaison le plus net, esloigné de retraits ,cloaques , estables , poulailliers , bains ,fours et autres lieux puants. Dailleurs ,aucune mauvaise senteur ny sera appor-tée , de peur de la communiquer au vin ;comme lards , huilles, laines, oignons ,