DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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Pluaieiunsortes die boisservant em
utilement toutes-fois de l’une et de l’autrematière , plus fréquemment néantmoinsde ceste - ci , que de ceste - là , l’usagel’ayant emporté dès long-temps. De toutessortes de bastimens , soit de pierre deliais , ou de taille , ou de moilon, se fa-çonnent des bonnes cuves ; pourveu qu’onprenne garde d’en faire les murailles deraisonnable espesseur , maçonnées àchaux et sable , bien à profit, et en l’in-térieur cimentées , comme cisternes.Ainsi dressées, elles contiendront très-bien le vin, et s’y préparera aussi demesme. Ne sont sujètes , comme cellesde bois , à recevoir mauvaises senteurs :sont de grande durée : de peu de des-pence en leur entretenement : faciles ànettoyer quand l’on s’en veut servir : ac-commodables par tous les lieux où l’ondésire , sans aucune sujection de figure.Voilà les commodités des cuves de pierre;en voici les incommodités , si toutes-foisincommodité se peut dire : que le vin n’yboult si tost, qu’en celles de bois, pourle naturel de la matière : mais la pa-tience de l’attente , satisfaict au père-de-famille, voire telle tardiveté lui vient àprofit, quand non pressé de ses vins,tout à loisir et sans se précipiter, il pour-void au faict de ses vendanges. C’est toutce qu’on a à dire contre les cuves de pierre,car de les condamner pour espancher levin, n’y a raison, puis qu’autant en fontbien celles de bois , estans mal faictes.Mais ce mal ne sera à craindre , si dès lecommencement elles sont dressées debonne main , et sans espargne : cela es-tant, et bien gouvernées, elles demeure-ront entières pour plusieurs générations.
Touchant les cuves de bois , de toutessortes d’arbres propres à la charpenterieThéâtre d’Agriculture 3 Tome I.
s’en faict de bonnes , spécialement dechastagnier et de chesne ; aussi des ton-neaux. Le vin séjournant dans le chasta-gnier n’y acquiert aucune mauvaise sen-teur, comme celui qui est logé en tineset tonneaux de chesne, d’où ès premièresannées de tels meubles, il tire une odeurextravagante ; odieuse à aucuns, agréableà d’autres , lesquels pour la conserver ,ajoustent tous les ans à leurs tonneauxvieux , quelques nouvelles douves dechesne, dont ils la renouvellent ; tant estdivers le goustdes personnes. Des façons,figures , capacités des cuves, tonneaux ,pressoirs et autres ustenciles ser vans à faireet garder les vins, n’est besoin que j’enparle : à cause de l’impossibilité de pou-voir satisfaire à un chacun , laissant cela,comme chose indifférente, à l’usage ordi-naire de chacune province.
Aussi divers avis y a-il sur l'entretenement des tonneaux estans vuides , l’un r° ur c ° n,er -des principaux articles de la garde desvins. Plusieurs font défoncer les tonneauxincontinent que le vin en est tiré, les net-toyans bien , en leur ostans toute la liemolle , et séchés au soleil, les mettent re-poser en lieu du tout esloigné d’humi-dité , pour le reste de l’année , en attendant nouvelles vendanges : lesquelles ar-rivées sont les tonneaux raccoustrés etreliés tout à neuf : où sans les laver d’au-cune liqueur ( ne souffrans mesme uneseule goutte d’eau les toucher) est mis lenouveau vin. D’autres au contraire , netouchent à leurs tonneaux depuis les avoirassis en la cave, jusqu’à une autre saison,sans souffrir d’estre aucunement sous-le-vés et esgayés par derrière , pour en fairedu tout escouler le reste du vin , duquelils laissent quelque peu au fonds, pour te-
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maniérés
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