DU THEATRE D’AGRICULTURE.
peu de temps, et sans grand hazard ,pour s’en servir en toutes sortes de vinset sous quelque climat que ce soit (5y).
De.quMijcr- L a meilleure matière pour clore les
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««■a , et tonneaux, est le liege, lequel seul estant
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bien choisi, gros, espes, leger , toutes-fois bien serré , ferme le trou du bondonparfaictement bien, sans respirer aucu-nement. D’autres font les serrails de boisde saule ou d’autre léger , enveloppansd’estoupes tout ce qui entre dans le vais-seau , qui s’en ferme assés bien, en yajoustant par dessus un mortier faict àchaux et sable, ou d’argille seule , oumesme de cendres pestries. Autres sansmettre aucun serrail entrant dans le troudu bondon, couvrent le bondon d’un pa-pier mouillé avec de l’eau , là ainsi le co-lant : et par dessus des fueilles de figuiercousues ensemble l’espesseur d’un pouceou environ, arrondies comme un tren-cheoir de bois : lesquelles par leur mol-lesse, et pressées par une platte et pe-sante pierre mise par dessus , entrentavec le papier quelque peu dans le trou,dont le tonneau se treuve très-bien fer-mé. Aucuns en fermans leurs tonneauxajoustent ceste curiosité. A quatre doigtsdu bondon sur le devant font un petittrou , avec un persoir ou vibrequin , ice-lui trou regardant en haut, dans lequelils fourrent un grain de sel occupant toutle trou sans pouvoir passer outre , aprèsle couvrent d’une demie coque de noix etpar dessus mettent du mortier ou de l’ar-gille pestrie , croyans que par ce moyenest donné au tonneau autant de ventqu’il en a besoin, pour laisser sortir leUn qu’on veut tirer par une seule ouver-ture sans estre contraint d’en faire deuxpour lui donner aer (ainsi qu’on faict en
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tout tonneau bien fermé à faute de res-piration) sans que pour cela le vin sentenullement l’esvent. Or quelle que soitla façon de fermer les tonneaux ne dequoi , n’importe , pourveu que ce soitbien et profitablement : et que, commej’ai dict, jamais ils ne demeurent ouverts,soient ils pleins ou vuides , de peur deperdre , et le vin etle bois tout ensemble.
Le frallater n’est indifféremment né- Ln " am -
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cessaire en toutes sortes de vins : seule-ment pour ceux qui croissent en nouveauvignoble, gras ou fumé (comme a estétouché), ou qui d’eux-mesmes sont forts etgrossiers. Il est donques inventé pour lesdescharger de leur matière terrestre, afinde les faire demeurer de meilleure saveuret de plus facile conservation : non pourles petits vins, lesquels se passent très-bien de remuement. Toutes-fois le trans-vaser de ceux-ci ne sera que profitableestant faict de bonne heure , non plustard que de dix jours après les avoir vi-nés, pour les raisons dictes. Touchantles vins charriables et de facile transport(comme de tels , Dieu pourvoyant à lanourriture de son peuple , s’en treuventabondamment en divers endroits de ceroyaume) tous-jours le transvaser est àpropos , voire à aucuns profitable, s’aug-mentans en bonté à mesure du tracas.
Au contraire , à d’autres très-domma-geable , ne soufïrans aucun remuement,ce qui est nécessaire de discerner pourgouverner les vins selon leurs naturels ,sans les forcer, de peur de lesperdre(58).
Aucuns, d’une façon particulière, gou-vernent ainsi leurs vins. Dès les avoir en- ” ttgm ,ien '
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tonnés et encavés, persent généralementtous leurs tonneaux, mettans à chacun lacanelle par le bas : et sans en avoir aucun