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TROISIESME.LIEU
Observationantique augouster etentamer desvins .
Moderne •
Chaque vina sa parti-culière sai-son.
plus foibles ils sont, de leur naturel : ettous-jours ès équinoxes et solstices, re-çoivent-ils quelque altération. Sur-tout,c’est quand la vigne est en fleur que lesvins ont le plus à souffrir, se tournanslors ceux qui ne sont de bonne nature.Pour prévenir laquelle perte, le plus as-seuré moyen est la recerche susdicte, oùallant curieusement, profiterés tous vosvins jusqu’à la dernière pièce.
Au gouster et entamer des vins j lesAntiques regardoient les astres ( selonleur coustume en tout ce qu’ils entrepre-noient) principalement le soleil et la lune:au lever desquelles planètes, ne touchoientaucunement à leurs vins. Aujour-d hui,aucuns passans plus outre, n’entamentleurs vins que le pur du vendredi : pourceste propriété, qu’ils croient les vinslors persés ne sentir la longue traicte.Autres tout au rebours, pour la mesmecause et pour crainte aussi que leurs vinsse gastent, n’y touchent pour les enta-mer , le vendredi, n’autres jours de lasepmaine au nom duquel y ait la lettre,R. Aux vents, en outre, s’arreste-on,mais diversement : aucuns les septen-trion , et autres du midi : plusieurs ob-servent la descente de la lune, tant leshommes discordent en une chose si com-mune. Par ainsi sans nous arrester à cessuperstitions antiques et modernes , fautcroire par l’expérience, que le vrai tempspour perser les tonnneaux , est la néces-sité , ou la volonté du père-de-lamille ,sans qu’il se donne peine de prévenir,ou d’attendre rien plus (97).
Les petits vins verdelets sont plus pro-pres pour l’esté , que pour l’hyver :comme au contraire , est raison de boireen temps froid les plus chauds et fumeux,
tels que sont les musquats , piquardans,et semblables de remarque. Quant auxcouleurs des vins, de toutes et pour toutessaisons s’en treuvent des propres. Tou-chant leur vente , plus de hazard y a-ilqu’en celle des blés , pour leur dou-teuse conservation : dont en plusieurslieux on est contraint se desfaire de sesvins chacune année (voire à vil prix )sans le pouvoir accumuler l’une sur l’au-tre. Le temps de la meilleure vente duvin ne se peut dire asseurément, parn’estre, ne les pays tous de mesme fa-culté, ne les années tous-jours de sem-blable tempérament. En tous lieux etsaisons le vin se vend raisonnablementbien, s’il est délicat et exquis, de faciletransport, et que l’année n’aist esté beau-coup fructueuse: y ajoustantceci, que lesvignes ne promettent grande vinée ave-nir , pour l’injure des saisons : commeau contraire, se tiendra le vin à petit prix,quel bien qualifié qu’il soit, s’il y a bonneespérance des prochaines vendanges. Età ce que le père de-famille tire la rai-son de ce mesnage : avant qu’on puisseprendre avis de la prochaine cueillette,vuidera une bonne partie de ses caves :les tenant au reste tous-jours ouvertes,pour vendre du vin, lors qu’à prix rai-sonnable il en treuvera des acheteurs.Estant plus excusable en la débite desvins , faillir en se hastant, qu’en retar-dant , pour les raisons dictes. En ce casse conformant nostre mesnager, à l’avisde Caton , qui est, d ’estre hazardeuxà vendre. Pour l’arrière saison de l’an-née , réservera-il une partie de son vin( toutes-fois estant asseuré de sa garde )qu’à son profit et honneur il ne faudrade bien débiter : tant en esté, sur toutes
les