DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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Délibérationnécessairepour Pentre-tien de la vi‘gne.
les saisons de l’année , le bon vin est derequeste (98).
La closture de ce discours, sera l’avisque je donnerai au père-de-famille, dene f aire la condition de ses vignes, pire quecelle de ses terres-à-grains ; c’est de lestraicter par commune libéralité en leurredonnant partie de leur revenu. Auxterres-à-grains, la quatriesme, cinquies-me, ou sixiesme partie de leur rapportest remise , pour semence. La vigneexempte de la nécessité du semer, parestre plantée une fois pour toutes, n’estpourtant exempte de despence. Pour la-quelle faire ainsi qu’il appartient et gaie-ment, le père-de-famille , dès les ven-danges, destinera une partie des vins desa cave, pour estre remise où il l’auraprinse : faisant son compte ne lui appar-tenir aucunement, ains d’estre là en dé-post pour autrui. A quoi défaillant nefera en cest endroit mesnage de valeur ,ains escharcement et langoureusemententretiendra - il ses vignes , et encorestreuvera-il qu’elles lui cousteront beau-coup. Et ensuite les vignes lui rendrontla pareille , produisans leurs fruicts es-charcement et langoureusement. Commepar le contraire , l’abondance de vinqu’elles lui donneront, lui fera confesserla despence n’estre mieux employée enautre mesnage qu’en cestui-ci (99).
CHAPITRE XV.
Les Boissons artificielles composéesdefruicts , de grains , de miel , etc.
Théâtre d’Agriculture , Tome I.
Ce n’est que par contrainte qu’on fàictservir au boire ordinaire l’eau pure : es-tant les hommes dès long temps descheusde l’antique simplicité de vivre. Voilàpourquoi le défaut du vin excellent surtous breuvages, a causé l’invention de plu-sieurs autres et diverses boissons, faictes defruicts, de grains, de miel, et en sommede tout ce qu’on a peu excogiter pouvoirservir de quoi boire au lieu du vin et del’eau. Es pays donques esquels , pourles froidures la vigne ne peut croistre,l’on a recours à ces boissons artificielles.
Mais par degrés, car où les fruicts desarbres abondent, là les fruicts seids sontsubstitués aux raisins, n’y tenans grandcompte des grains pour les convertir enbreuvage, estans les grains employés à ceservice-là , où et raisins et fruicts dé-faillent comme en plusieurs endroits de laPicardie , et hors ce royaume ès paysseptentrionaux, où l’on n’a à choisir deces choses, par faute de fruicts des arbres,la bière leur est en usage. EnNormandie, M
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Bretaigne et circonvoisins, sont abondam- généra.ment pourveus et de fruicts et de grains :dont préférans les uns aux autres, pourleur commodité, se servent plus du sidreou pommé, et du poiré, que de la bière :auquel mesnage ils excellent tous autrespeuples , par habitude de la maistrise enestans demeurée chés eux. Dont l’inven-tion a premièrement paru en Costentin,