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Tome I. IIe. Partie.
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3s8 TROISIESME LIEU

queur au produit du foulage , et on livre le toutà la fermentation. (Crsr.)

(5 2 ) Des vins qui seroient troubles et qui au-roient une couleur laiteuse , ne pourroient êtreque de mauvaise qualité , sur-tout si cette cou-leur étoit permanente. Indépendamment de cequils nauroient rien dagréable à lœil et augoût, ils seroient encore sujets à se gâter très-promptement.

Les vins quon trouve souvent dans cet état,sont principalement ceux dont la fermentationa été mal conduite, ou qui nayant pas été sou-tirés à propos, tiennent en dissolution une par-tie des matières qui composent la lie. Lorsquona affaire à des vins semblables , il faut les sur-veiller avec soin , et tâcher , par un moyenquelconque , de rétablir une sorte de fermen-tation qui les débarrasse de tout ce qui peut al-térer leur transparence.

Il est fort douteux quaujourdhui on trouvâtdes amateurs de semblables vins. {De.)

(53) Olivier de Serres observe, avec j us te raison,quil est bien difficile dindiquer précisément letemps que le vin doit rester dans la cuve , lapremière fermentation sétablit. La seule chosequon peut dire de plus positif à ce sujet, cestque la fermentation doit toujours être gouver-née daprès la nature du raisin, et conformé-ment à la qualité du vin quon désire obtenir :le raisin de Bourgogne ne peut pas être traitécomme celui de Languedoc. Le mérite de lun,est dans un bouquet qui se dissiperoit par unefermentation vive et prolongée ; le mérite delautre, est dans la grande quantité dalcoolcpion peut y développer , et ici la fermentationdans la cuve doit être longue et complète.

En Champagne , on cueille le raisin destinépour le vin blanc mousseux, dès le matin ,avant que le soleil en ait enlevé toute lhumi-dité ; et, dans le même pays , on ne coupe leraisin destiné à faire du vin rouge , que lors-que le soleil la fortement frappé et séché. Iciil faut de la chaleur artificielle pour provoquerla fermentation ;, la nature du moût est telle,que la fermentation demanderoit à être modé-rée. Les vins foibles doivent fermenter dans lestonneaux ; les vins forts, doivent travaillerdans

la cuve. Chaque pays a donc , comme lauteurle dit, des procédés qui lui sont prescrits parlanature même du raisin , et il seroit extrême-ment ridicule de soumettre tout à la mêmerègle. Il importe de bien connoitre la nature deson raisin, et les principes de la fermentation ;à laide de ces connoissances, on se fera unsystème de conduite qui ne peut être quavan-tageux , parce quil est fondé , non sur des hy-pothèses, mais sur la nature même des choses.

{Ci sr.)

(54) Cest encore une grande question de sa-voir sil est plus avantageux de faire fermenterle vin dans des cuves ouvertes, que dans cellesqui sont exactement fermées. En effet, sil estprouvé que lair ne nuit pas à la fermentation,il est démontré aussi quelle peut avoir lieu dansles vases lair na pas daccès; et que, quoi-qualors elle y soit plus tardive , elle nendonne pas moins un vin généreux. Au milieudune semblable incertitude , ce quon peut direde mieux, cest que , malgré quà la rigueurlair atmosphérique ne soit pas nécessaire à lafermentation, il est cependant utile détablirune libre communication entre le moût et lat-mosphère , parce que les substances gazeusesqui s.e forment dans la cuve, peuvent alors sé-chapper ai sément, en se mêlant ou se dissol-vant dans lair ambiant, tandis que lorsquellessont retenues , elles peuvent quelquefois ralen-tir et même éteindre lacte de la fermentation.

A la vérité , pendant la fermentation dansune cuve ouverte, il y a une grande déperdi-tion darôme et dalcool , deux substances quiinfluent singulièrement sur la qualité du vin ;et cest, sans doute, pour éviter cette perte ,quon préfère les vaisseaux fermés ; mais lesmotifs de cette préférence, ne sont pas toujourssuffis ans , par rapport à certains vices , pourbalancer les inconvéniens qui pourroient aussien résulter.

Il semble , daprès cela , quil seroit bon deconcilier ces deux méthodes , en prenant unterme moyen , qui consisteroit à ne se servirque de cuves fermées , mais qui ne le seroientpas a ssez exactement pour que les gaz qui sé-lèvent , et qui sont les plus raréfiés, trouvassent

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