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Tome I. IIe. Partie.
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TROISIESME LIEU

tante des moyens daugmenter le produit annueldes vignes. Tl crut devoir y appliquer les prin-cipes de la culture , appellée à la Tull. Peut-être ces principes convenoient-ils plutôt à lavigne quau froment, et aux autres plantes quien avoient été lobjet. On a abandonné lesplanches et les plate-bandes que Jethro Tullavoit si fort préconisées pour la culture desfromens. Mais il paroît que sa méthode est plusintéressante relativement à la vigne , quoiqueTull ny eût pas pensé.

On trouve , à cet égard , des détails remar-quables , dans lexcellent Traité de la Culturedes Terres , de Duhamel du Monceau., tome V.Il rend compte , dans ce volume , de la suitedes expériences quavoit faites dans ses vignes,en i y 55 et iy56 , un syndic de la république de Genève , M. de Châteauvieux. On y voit un ar-ticle intitulé :

Sur la Vigne cultivée selon les principes de lanouvelle culture.

Il faudroit copier tout cet article pour enconserver le mérite. Je ne ferai que labréger.

Lorsque M. de Châteauvieux commença àréfléchir avec attention , sur les principes de lanouvelle culture des terres, il fut frappé daborddy apercevoir des moyens propres à perfec-tionner celle des vignes. Pour améliorer cetteculture, il se proposoit trois objets ; 1 °. de don-ner une meilleure disposition aux ceps , en lesplaçant sur un même alignement et à égale dis-tance les uns des autres ; 2 °. cette dispositiondut être telle, quelle contribuât à diminuer ladépense des frais de culture, en permettantde faire les labours sur une partie de la vigne ,avec des charrues , tandis que lon continueroitde les faire sur lautre , à bras dhommes ; 3°. ilfalloit exécuter les cultures de la vigne , de ma-nière quelles fussent plus favorables à la végé-tation des ceps. î". La disposition des ceps futdétablir la vigne en planches , en laissant uneplate-bande entre deux planches , à cinq pieds( un mètre soixante-trois centimètres ) de lar-geur , pour y pouvoir planter trois rangées deceps qui , par ce moyen , se trouvèrent à trentepouces ( quatre-vingt-deux centimètres ) lunede lautre, et les ceps à pareille distance les uns

des autres. Les plate-bandes avoient aussi cinqpieds (un mètre soixante-trois centimètres) delargeur, afin que lair et le soleil frappant detous les côtés les ceps , facilitassent leur végé-tation , et accélérassent la maturité des raisins.2 °. Par cet arrangement, on voyoit la possibilitéet la facilité de faire exécuter les cultures desplate-bandes par les cultivateurs et charrues or-dinaires ; ce qui faisoit une économie importantesur le travail à bras dhommes , et une grandeépargne sur la consommation des échalas, liens,fumier, etc. 3°. Les deux points principaux dela culture de la vigne sont la taille et les labours.M. de Châteauvieux pensoit comme La Quin-tinie, quil faut tailler la vigne immédiatementaprès les vendanges. Cette taille nexpose pointles ceps à être gelés pendant lhiver. M. deChâteauvieux eut lieu de sapplaudir de cechangement. Suivant lui, le premier labour doitêtre fait avant lhiver ; le second, vers la fin deMai ( commencement de Prairial) ; le troisième,à la fin de Juillet, ou au commencement dAoût(Thermidor). Le premier labour fait après quela vigne a été taillée , produit sur les terres lemême effet que sur les planches des blés ; leseaux ny séjournent point, les gelées ameu-blissent les terres, les divisent, les entretiennentlégères. Il convient de ne faire le second la-bour , quaprès quon aura piqué les échalas ,que les ceps auront été ébourgeonnés, les sar-mens relevés et attachés avec des liens aux écha-las. La vigne aura déjà poussé , et cette poussese sera faite sans avoir été troublée. Enfin letroisième labour , ou la seconde façon aprèslhiver , étant différée jusques vers la fin deJuillet ou le commencement dAoût (Ther-midor ), il ny a plus assez de temps jusquauxvendanges, pour donner aux mauvaises herbescelui de sortir de terre et de croître.

Leffet de cette culture fut extrêmement sen-sible. Tous les ceps parurent fortifiés et chargésdune égale quantité de grappes ; les raisins plusmûrs, dun goût plus relevé ; ils ne se pour-rirent pas. Enfin , la récolte fut supérieure àcelle des anciennes vignes. Une planche dequarante toises ( soixante-quatorze mètres ) delongueur, sur dix pieds (trois mètres vingt-cinqcentimètres) de largeur, en y comprenant la