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Tome I. IIe. Partie.
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SIXIESME LIEU

plusieurs quartiers des provinces. Sur cesconsidérations , nous bastirons : et puisque la principale matière des vergers sontles grelïes , nous les choisirons , cueilli-rons, et employerons ainsi quil appar-tient, par ces addresses.va greffa. Les extrémités des branches sont cequon appelle, grelïes, lesquelles estansde bois tendre se reprennent aisément,ou insérées sur les arbres. Ce sera en arbresta prendre. recommen( i a kl es pour leux asseurée bonté,

que nous cueillirons les greffes : autre-ment ce seroit préjugé de mal besongner,veu que mauvais arbre ne produit jamaisbon fruict. Sur le cueillir des greffes, lesAnciens ont commandé dy laisser quel-que peu de bois de lannée précédente ,et avec icelui , les insérer sur les sauvai-geaux. Par cela ils nous ont voulu ensei-gner que les plus prochains bourgeonsde ce vieil bois sont les plus fertils , parraison semblable à celle des crocètes desvignes , ce que toutes-fois ne se pratiqueaujour - dhui tant exactement par lesmeilleurs enteurs , qui tronçonnent unlong greffe en deux ou trois pièces, des-quelles ils font des arbres très-féconds,ce qui nous dispense en cest endroit.Comme aussi lexpérience de tous lesjours nous permet de prendre des grefféssur arbres qui, pour leur jeunesse, nontencores porté fsruict, quoi-que de touttemps cela aie esté défendu. Par quoi, sidésirés avoir de la race dun arbre qui vousagrée pour lasseurance de sa bonté,quoi-quil naie jamais fructifié pour sonpeu daage, ne cra ignés den prendre desgreffes ès premiers jettons de sonenteure,car iis ne faudront de vous donner con-tentement en saison : voire quelques-foisrapporteront-ils fruict, plustost que les

arbres desquels en aurés tiré les greffes.

Cela mest avenu plusieurs fois, voireai-je enté heureusement en escusson, aumois de Juin, des abricottiers, des poi-riers , et autres arbres , dont javois tiréles escussons en arbres entés au coin,au précédent mois de Mars. Telle préci-pitation est très-opportune pour laffran-chissement des vergers, parce que sou-vent avient que, pour la rarité de quel-que nouveau et excellent fruict, nenpourrés recouvrer quun ou deux greffes,dont naurés quun seul arbre, lequelpar la voie susdicte, dans la mesme an-née , vous produira des greffes à suffi-sance , pour en faire plusieurs entes. Es- Quel, uslirés les greffes plustost de moyenne gros-seur , que trop fournis de bois par abon-dance dhumeur , ne langoureux parfaute de nourriture , lune et lautre deces extrémités estans contraires à lafructification : faisans seulement bonnefin , ceux qui tiennent le milieu en cestendroit, moyennant quils ayent les œil-lets près à près lun de lautre , qui estsigne évident de fertilité. Touchant la Four [e ,lune, il ny a aucune action en lagricul- Zl^ireZture , tant estroictement lon se soit cuneobse ' m -

/ # tion de lune.

assujetti, quau cueillir des greffes : ayantesté creu de père à fils, despuis jilusieurssiècles, quautant de jours quil restoitde la lune lors quon cueilloit les greffes,autant dannées demeuroient à fructifierles arbres en provenans $ quavoit faicttenir pour loi à nos Ancestres , de ne tirerles greffes des arbres , jamais en autretemps quès derniers jours de la lune.

A laquelle défense scrupuleuse, ad-jous-toient les aucuns ceste ridicule , quece ne fust en aucun jour de la sepmainey ayant des R, notamment le mercredi,