DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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M. Townson , en Hongrie , fera sentir l’im-portance de ce que je viens de dire , sur la né-cessité d’étudier de plus près ce qui se pratiquedans les vignobles les plus célèbres. On pourroity gagner de plus d’une manière.
M. Townson commence son chapitre surTokai , par observer que l’on suppose natu-rellement qu’une ville située sur un sol fertile ,au confluent de deux grandes rivières , doitêtre riche. Pourquoi cela n’est-il pas , dit-il ?je l’ignore ; mais Tokai n’est qu’une petite villemisérable, quoiqu’elle réunisse ces avantages.
Tokai a cela de commun avec un grandnombre de personnages de ce monde , qu’il tiresa gloire du mérite des autres. Son canton 11eproduit qu’une très-petite partie de l’excellentvin qui porte son nom. Il a eu la chance de ledonner à un district montueux , qui s’étend àprès de trente milles vers le nord ; mais sa lar-geur est beaucoup moins considérable.
Il paroît que Tokai acquit cette renomméesous le gouvernement de Ragotski, qui trans-portait ici les vins qu’il tiroit de son district.
Les vins connus dans les pays étrangers ,sous le nom de Tokai, sont d’une espèce par-ticulière , dont les différens cantons de ce dis-trict ne font qu’une très-petite quantité , et qui,même sur les lieux , se vendent très-cher ; onnomme cette espèce ausbruch (vin de goûte) :on le fait au moyen d’un mélange de raisins àmoitié secs , qu’on joint aux raisins ordinaires.La manière de cultiver les vignes dans le célèbrepays de Tokai, pouvant intéresser la plupart deslecteurs, M. Townson consacre à cet objet unepartie de son chapitre. Il commence par le plan-tage des vignes , et finit par les procédés qu’onemploie pour donner au vin sa plus grande per-fection.
Lorsqu’on a planté une vigne, on abat latête du cep au dernier nœud , ou bourgeon , àenviron un travers de main de la terre , et auprintemps on arrache soigneusement les re-pousses. La souche prend, par ce moyen, de laforce, croit tous les ans , et devient quelquefoistrès-grosse. La bonne grosseur est celle de latête d’un enfant. Lorsque la vigne a récompensé,par ses fruits , les peines du cultivateur , c’est-à-dire , après la vendange, qu’on fait ici vers la
Théâtre d’Agriculture , Tome I.
fin de l’automne , on couvre les souches d’en-viron un pouce ou deux (trois à six centimètres)de terre , et chacune a alors l’apparence d’unetaupinière. Le cultivateur veille avec grand soinsur les ouvriers qui font cette opération , dansla crainte que la gelée ou la neige n’empêche del’exécuter. On couvre jusqu’aux branches donton se propose de faire des rejetons. Quelquesvignerons tirent de terre les échalas ou sou-tiens , et les mettent en tas ; d’autres les laissenten terre. Dès que l’hiver est passé , et que letemps devient plus doux , c’est-à-dire, vers lemilieu , et quelquefois au commencement deMars (milieu de Ventôse) , on découvre lessouches, et on donne à la terre une façon , ouun labour. Ensuite, le premier ouvrage est dedresser la vigne , ce qu’on fait dès que la sai-son le permet, vers la fin de Mars , ou aucommencement d’Avril (commencement ou mi-lieu de Germinal). Les hivers rigoureux etles gelées du printemps, font souvent du ra-vage dans les vignes, et pour remplacer les cepsqui périssent, il faut en élever de nouveaux.Ceci se fait de différentes manières. On trans-plante , ou plus communément on plante lestailles des ceps dont on connoît la qualité , etc’est cette opération qui suit celle dont je viensde rendre compte. On plante la taille, dont onabat la tête , à environ un pied (trente-troiscentimètres) en terre, avec un peu de fumier dansla fosse , et on ne laisse hors de terre qu’un boutd’environ un travers de main , qu’on recouvrelégèrement jusqu’à ce qu’il commence à pous-ser. Au printemps , il n’y a plus rien à craindre.D’autres élèvent des rejetons. Ils creusent ouvident la terre autour de la souche et de sesracines , à environ un pied et demi (un demi-mètre) de profondeur ; ensuite on rabat les re-jetons , on les couvre de terre mélangée avecun peu de fumier , qu’on presse fortement,en la foulant aux pieds , de manière que lesbouts des rejetons ne sortent de terre que d’en-viron deux ou trois pouces (six à neuf centi-mètres). Chacun de ces rejetons produit, avecle temps , un cep, ou une souche , et on yplante un échalas ou support. Vient ensuite leplus dur labour de la vigne , on pioche et onretourne le sol. Cette opération revient trois ou
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