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Tome I. IIe. Partie.
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DU THEATRE D AGRICULTURE.

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De ces expériences , qui doivent en faire fairedautres , résulte ce qui suit :

i°. Les grains non germés fournissent peu oupoint desprit.

2°. Les grains germés , employés frais, cest-à-dire , sans les faire sécher, ont rendu moins des-prit que ces mêmes grains germés et séchés.

3 °. Lobservation du n°. 1 est complètementconfirmée par plusieurs expériences , n 0> . J7 et18. Lexpérience n°. 17, faite avec un mélangede seigle germé et non germé , a fourni moinsdesprit que si les deux seigles eussent été em-ployés séparément. Le seigle employé dans cetteexpérience, représentait un poids de treize livresdix onces (sixkilogrammes six hectogrammes etdemi), qui, séparément, auroient fourni dix-sept onces ( cinq hectogrammes deux décagram-mes ) desprit, conformément aux résultats delexpérience n°. 18; ces deux seigles mêlés nenont fourni que quinze onces deux gros ( quatrehectogrammes sept décagrainmes).

4 °. Une autre expérience , n°. 18 , faite avecdu seigle germé , séché et moulu, peut êtreconsidérée comme étant, à-peu-près , toute laquantité de spiritueux quon doit espérer de tirerde bon seigle, dans un travail en grand et suivi.On doit même 2>résumer que tout seigle, indis-tinctement, ne fournira pas habituellement cettequantité ; on doit prévoir davance, que du grainsuranné, que le mélange de grain nouveau et devieux , que la différence de la quantité de le-vure ou dautres levains artificiels, apporterontvraisemblablement quelques variations dans laquantité des produits. On doit sattendre à cesvicissitudes , et on doit y compter, pour ne passinduire en erreur.

5 °. Le seigle a lavantage précieux de germerpromptement, et de la manière la plus uniforme ;tous les grains germent ensemble, et avec la plusgrande facilité. Quoiquon ait été contrarié parle froid de la saison , la germination a complè-tement réussi. Lorge, au contraire , est plus detemps à entrer en germination ; elle a , de plus,le désavantage que les grains ne germent pas en-semble. On a remarqué, dans la seule expériencequon en ait faite , que des grains étaient déjàtrop germés , tandis que dautres ne faisoient quepointer ; et dautres, si peu disposés à présenter

- Théâtre dAgriculture , Tome I.

leurs germes, que plusieurs grains , mis à part ethumidement, nont germé que huit et dix joursplus tard. On attribue autant ces inconvéniensà la température froide dans laquelle on a opéré,quà la nature de lorge. Lorge semée, présentela même différence : les grains ne germent pasdans le même temps. Il en est de même des épis,ils ne mûrissent pas ensemble. On voit lorgepremière mûre , tomber des épis , et germeraprès la récolte enlevée. On a même eu jusquàtrois récoltes dorge, dannée en année , sur lemême terrein ; lorge navoit été semée quuneseule fois , et navoit été ni labourée, ni cultivéedans lintervalle de ces trois années. On a été àportée de faire la même observation à légard duseigle , sur cinq arpens (deux hectares et demi)qui nont été labourés quune seule fois , et quiont produit trois récoltes , à la vérité toujoursen diminuant de quantité , et en fournissant, latroisième année sur-tout, beaucoup de seigle er-goté. Il nen résulte pas moins, de ces observa-tions , que lorge germe très-inégalement. Cestdans cet état dinégalité de germination , quona été forcé de lemployer ; et cest à cette cause ,ainsi quà celle de sa mauvaise division sousle pilon, quon doit attribuer le petit produitquon a obtenu en spiritueux. Ce seroit, sansdoute, une expérience à recommencer.

6°. Si lon est curieux de savoir très au justesur quoi lon peut compter en distillant desgrains, voici une donnée certaine, que je conserveen ancienne mesure :

Il faut quatre cent quarante livres de seigle(deux setiers de deux cent vingt livres chacun) ,pour avoir quatre cent livres de farine germée.

Cette quantité doit fournir huit cents onces ,ou trente pintes dix treizièmes desprit, à trente-sept degrés au terme de la glace, la pinte pesantune livre dix onces.

On calcule sur-tout , ici , les produits quepromet la distillation du seigle , parce que cestle grain le plus commun en France , et celui quiprésente plus de substance alcoolique, si lonpeut sexprimer ainsi. On voit que le seiglegermé doit rendre , en eau-de-vie de la pre-mière force , jusquau huitième de son poids ;mais si lon ne vouloit quune eau-de-vie com-mune , on en obtiendroit davantage , comme

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