5 yo QUATRIESME LIEU
son utilité , a esté imitée de plusieursautres peuples de ce royaume (167).où nourrir Ne laissera pourtant d’entretenir desdn ‘ h “ r “- chèvres celui-là , qui en son domaineaura des landes et buissons à suffisance:car à meilleur usage nelespourroit-il em-ployer , pour le grand profit qui en pro-sontdrbon vient : car c’est chose asseurée, qu’une,rrcnu. c bèvre bien nourrie rend autant de laict,que plusieurs brebis ensemble ; et que deschèvres si fertiles se rencontrent, appro-cher de près le rapport des vaches. Leurschairs, peaux et graisses, contribuent à cerevenu. Quant au poil, peuoupoinctd’es-tat n’en est fàict de pardeçà, estant le pro-pre du Levant et de la Barbarie, que d’enfaire des camelots (i 58 ). Au contraire dela chair des moutons et brebis, ceste-ci dechèvre n’est agréable qu’en sa tendre jeu-nesse , car seule délicate est celle des che-vreaux à-laict, aagés de quinze jours outrois sepmaines, n’ayans encoresrienman-gé. Les boucs et chèvres envieillis, s’en-graissent très-bien, se chargeans de graisseautant ou plus qu’autre bestail : mais es-tant tous - jours leur chair de mauvaisenourriture et de goust mal-plaisant, à quine l’aime, pour autre n’est destinée tellechair, que pour le grossier delà famille.Leurs peaux sont de grande requeste pourservir à plusieurs usages, accoustrées enmarroquin, et autrement accommodées enouiltres, pour porter des huiles et des vins,selon la pratique d’aucuns pays. Les grais-ses servent à diverses choses, en la mé-decine , aux ciments et autres 3 principa-lement à faire des bonnes chandelles, entelle qualité excédans toutes autres grais-ses (159) : et en la quantité avec, ne senourrissant aucune beste en la maison, re-gardant à la grandeur de son corps, qui tant
se charge de graisse que fàict la chèvre,lors qu’elle est bien nourrie, mangeant dugland son saoul (160). Toutes ces com-modités se treuvent en ceste nourriture ,laquelle l’on tire, ou la pluspart, deshalliers et lieux incultes du domaine. Etce sera sans incommoder les vergers , niautres précieuses possessions de la maison,pourveu qu’on aie un soin continuel deschèvres qu’on voudra nourrir, ne les lais-sant jamais de l’œil. Car il ne f au droitqu’une couple de chèvres abandonnées ,pour gaster tous les j ardinages et vignoblesd’un mandement , tesmoin le chevrierde Nismes , qui a si bien fàict parler desa vie (161).
Pour s’engeancer de la race de ce bes-tail, on se pourveoira d’un bouc et deschèvres qualifiées comme ilappartient. Lebouc sera choisi de grand corsage, ayantlesjambes grosses et bas enjoinctées : le poilmol et lissé, de couleur noire, pour estreplus robuste que de blanche, encores quede ceste-ci, ne soit à mespriser ( 162) : ayantpetite teste : grandes aureilles et pendan-tes : longue et touffue barbe : le col gros ettortu: au reste, joyeux et délibéré. Telleaussi sera prinse la chèvre, qui de plus pourson sexe aura grandes et longues tetines,dontla grosseur lui fera eslargir les cuissesen marchant. La considération qu’on doitavoir sur les cornes des chèvres, est, que lesescornées de nature, ne sont tant su j ettes àavorter que les cornues : et que plus f aci-lement conversent avec les brebis celles-là , que celles-ci ( 1 63 ) j car quant à la fer-tilité dulai'ct, il n’y a aucun chois. L’on nepeut asseurer quels masles sont les meil-leurs pour couvrir les femelles 3 les cornésou les escornés : car de tous ceux-là s’entreuve de fort bons à ce service. Ceci estre-
Quel
Sera choisile bouc.
Quelle lachèvre.