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Tome I. IIe. Partie.
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DU THEATRE DAGRICULTURE.

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Combien detempt sert le

Et

la chèvre.

marquable, que des boucs escornés, nais-sent souvent des petits avec des cornes ; etau contraire, sans cornes void-on des che-vreaux engendrés de pères cornés. Ainsi enavient-il des mères, estant ce plustost jeude Nature, que subtilité dartifice: lexpé-rience monstrant aussi, que des pères etmères avec ou sans cornes, sortent indif-féremment des petits avec ou sans cornes :diversité quon donne plustost à la facultédes herbages et de laer, quà la particu-lière race de lanimal. En cest article nyaura donques lieu délection, puis quecest le pays qui y impose la loi. Seule-ment, comme a esté dict des moutons, estàsouhaitter pour les pays les plus froids,le bestail capi în estre corné, pour ce queles cornes lui aiuent à résister aux vents :et questant ainsi armé en la teste, il estplus courageux à se défendre du loup, età se battre avec ses compagnons, ques-tant sans cornes. Et aux cornes et auxdents recognoit-on laage de ceste race debestail, par semblable addresse que decelui à-laine puis quils ont le ruminer decommun (164).

Trois ans de suite servira un bouc, com-mençant à son premier accompli, non da-vantage ; nestant bon à engendrer passéle quatriesme, auquel temps, le pourra-onchastrer pour engraisser et vendre (i65).Les femelles durent plus à ce service, carcest jusques à la huictiesme année quellesportent : lors estans parvenues en vieil-lesse, ne sen faut plus servir que pourengraisser. Elles commencent à porter aubout de deux ans; mais comme jai dictdes brebis , leur première ventrée nestguièresrecommandable, estans tous-joursles plus grandes bestes, celles procédan-tes de mères les plus aagées (166).

Les chèvres portent autant que les brebis, Portée des

1 T chèvres.

assavoir cinq mois; sur quoi on les dispose-rapour leur donner le bouc tost ou tard, se-lon quon désire avoir des chevreaux lias-tifs ou tardifs. Les chèvres qui ontfaict despetits en saison primeraine , ne sont tantabondantes en laict, que celles qui ont tardchevreté , à cause des froidures qui lestiennent resserrées , et principalement àfaute démanger le vert, leur plus agréa-ble viande. Mais jjour tirer toute la com-modité de ce bestail, sera bon de fairechevreter partie de nos chèvres dans lemois de Décembre, et les autres en Jan-vier , Février, et Mars, à telle cause or-donnant le couvrir des femelles par cestesupputation que ce soit tous-jours cinqmois devant ces particuliers termes. Ain-si aurons-nous des chevreaux en diverstemps , et du laict en abondance : moyen-nant quon ne se déçoive en cest accou-plement , on naura à craindre , faisantvivre à part les boucs, en métairies sépa-rées ou bien attachés au pastis , pour àpoinct nommé les donner aux femelles.

Le défaut de ceste curiosité, ne pourroitapporter en ceste nourriture, que confu-sion. En plusieurs endroits de la Provenceet du Languedoc , on mange des chevreauxdès le mois de Novembre et plustost, à celapréparant les chèvres dès le mois de Juinou de Juillet. Et et ailleurs, treuve-lon Raredes chèvres faire deux ventrées lannée,comme jai dict des brebis : mais plus fa-milier est-il que les chèvres facent deuxchevreaux en une ventrée. Chose désira-ble , tant pour lavantage de la chair quedu laict, auquel elles abondent plus queles singulières, qui ne portent quun che-vreau à la fois. Cest une race à part quon Rac.edoubUjappelle double, que celle qui se remplitC c c c 2