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Tome I. IIe. Partie.
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QUATRIESME LIEU

sainfoin furent introduits en France , lidée quonprit de la qualité de ces fourrages , fit donner àchacun le nom de sain, par excellence.

Tout ce que dit Olivier de Serres dans le coursdu chapitre, sous le nom de sainfoin, ne convientquà la luzerne, qui diffère du sainfoin , nonseulement par les caractères botaniques , maisencore par sa manière de végéter, par sa culture,et par ses qualités.

La luzerne fournit communément trois ,quatre , et dans certains pays, un plus grandnombre de coupes ; même , suivant Olivier de Serres , jusquà huit ou neuf : ce qui indiquequelle croît avec une grande rapidité. Ses racinessont longues, grosses et vigoureuses; elles sen-foncent profondément : la terre quelle exige ,doit être substantielle et facile à pénétrer. Onnobtient pas , du moins dans nos climats , plusde deux coupes du sainfoin ; le plus souvent ilnen donne quune , avec un foible regain ,quon ne peut que faire paître sur place. Cetteplante a une végétation lente ; elle est moinsproductive en fourrage que la luzerne , mais onlui trouve , avec raison, plus de qualités nutri-tives ; elle a lavantage de venir assez bien dansdes sols peu profonds, calcaires et pierreux ,dans lesquels on ne récolteroit point, ou presquepoint de luzerne.

La luzerne prise en quantité, sur-tout aprèsles temps de pluie, incommode les animaux ,leur cause des indigestions par replétion dali-mens, ou par dégagement de gaz, qui les tuentsur-le-champ. Rarement cet inconvénient a lieu,quand ils ont mangé du sainfoin dans les mêmescirconstances. ( T .)

Pag, 5.4, (22) Ce nest pas seulement dans les Départe-

mens du midi que la luzerne est cultivée ; cetexcellent fourrage lest aussi dans ceux du mi-lieu et dune partie du nord même de la France .On en voit beaucoup dans les environs de Paris , la consommation en est considérable, à causedes bestiaux, et sur-tout des vaches laitières quiy sont en grand nombre. A mesure quon avancevers le nord , les luzernières deviennent plusrares. Le froid et les gelées printanières étantcontraires à cette plante , on ne peut ladopterque dans les pays la température est ordi-

nairement douce , aussitôt que le printemps acommencé. {T.)

(23) Labondance de fourrage que donne la lu- Pag, 514,zerne , parles coupes quon en peutfaire chaque cùlonn I >année,doitdétermineràensemerdansles fermes S 9qui ont des terreins favorables à cette plante.

Dire que le contenu de la journée dun faucheur( de luzerne ) donne plus de foin que trois ouquatre dautre pré ( pré naturel ) , cest indiquerque la coupe dune étendue de cette plante offreun volume trois ou quatre fois plus considé-rable que celle dune prairie naturelle. La lar-geur des feuilles et la grosseur des tiges de laluzerne , comparées à celles des graminées quicomposent en grande partie les prairies natu-relles , sont des causes de cette différence , maisne sont pas les seules, à ce quil paroît; car ilfaut y ajouter la facilité avec laquelle on coupela luzerne; elle est telle , que deux ouvriers tra-vaillant , lun dans un pré, et lautre dans uneluzemière , celui-ci fait le double au moins debesogne. ( T. )

(24) La luzerne est un très-bon aliment pour Uen,les animaux, meilleur encore dans les Départe- co,on " eI1

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mens méridionaux que dans les autres; maisonne peut en faire manger de verte aux ruminans,sans quelques précautions. Si on la mêle avec dufourrage sec, soit foin , soit paille , elle nestpoint nuisible ; si on est forcé delà donner seule ,au moins faut-il , avant , lexposer plusieursheures au soleil , et jusquà ce quelle soitamortie. Ilparoit qualors le gaz délétère, qui larend mortelle dans quelques cas , est dissipé, oureste en moindre quantité. Pourquoi les rumi-nans sont-ils plus incommodés de ces sortes degaz , que les animaux qui nont quun seul esto-mac , le cheval, par exemple? Il sera difficilede le dire. Est-ce parce que les membranes deleurs estomacs se dilatant plus facilement, il enrésulte un gonflement et une pression capablesdarrêter la respiration et de suffoquer? Est-ceparce que ce gaz , à cause des quatre estomacset de leur disposition, trouve moins de facilitéà séchapper dans les intestins, ou à se porterdu côté de lœsophage? Il est difficile de le dire.

Il est de fait, que les bêtes à cornes et les bêtesà laine sont subitement gonflées et meurent ,

pour