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Tome I. IIe. Partie.
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DU THEATRE DAGRICULTURE. 5 9 3

pour la plupart, sur-le-champ , sur-tout quand,après une pluie qui développe rapidement la vé-gétation de la luzerne , on la leur donne fraîche-ment coupée, ou lorsquon les conduit dans uneluzernière. Cet inconvénient bien connu doitdonc mettre en garde les propriétaires de trou-peaux , contre les imprudences ou la négligencede leurs bergers.

Nous parlerons de la manière de remédier àcet accident, au huitième Lieu. ( T. )

page 5i.j, ( 25 ) Bestes recrçues. Ce mot recru ou recreu

colonne il, a Jeux sens différens dans les auteurs. YvoViliomarus, ou plutôt Joseph Scaliger , etceux qui ont adopté son opinion, appellent che-vaux recreus , equos recreditos , quasi recru-duerint (de recrudescere ), les chevaux qui ontrepris des forces , qui sont refaits ; ceux-nauroient pas besoin de luzerne, ainsi ce nepeut être dans le sens de Scaliger qu Olivier de Serres a entendu ce mot, mais bien dans le sensde Fleta et des autres, qui appellent chevauxrecréés ou recreus, equos recreatos , les chevauxlas, fatigués. On trouve encore dans quelquesanciens auteurs , chevaux recréans ou recrands ,pour chevaux las , harassés , découragés, cour-batus ; mais ce qui doit lever tous les doutes surle véritable sens de ce mot, ce sont les nom-breuses citations quon trouve dans le Glossairede du Cange , et dans lesquelles , recreu, re-créant, ou recrand, sont employés constammentpour déconforté, découragé, las, fatigué, épuisé,abattu, sans cœur , couard , etc.

Olivier de Serres distingue les bêtes pleines,de celles à lait, des portières et des allaitantes.Les premières sont celles qui ne font des veauxque pour le besoin quon en a, ou lorsquelles nedonnent plus de lait ; les secondes fournissentle lait pour le commerce , la nourriture et lefromage , et sont ce que nous appelons propre-ment -vaches laitières; les troisièmes sont uni-quement destinées à lapropagation, ne sontréel-lement que portières, et ne nourrissent pas leursveaux ; tandis que les quatrièmes, au contraire,ne font que les allaiter et ne portent point ; ensorte que, quelquefois même, dans les payslon fait des élèves , on donne deux vaches à unveau pour le nourrir.

Théâtre dAgriculture } Tome /.

Du reste, il résulte de tout ce que dit ici notreauteur , que la luzerne convient également bienaux vaches pleines et aux vaches à lait. ( H.)

(26) Le fumier récent fermente ; la graine de Page 5i5 ,

luzerne,quiparoîtsusceptibledesaltérerpromp- 1

tement, étant en contact avec du fumier en cet °état, perdroit sa vertu germinative. Cest donc

avec raison quOlivier de Serres conseille de nela semer que dans des terres engraissées long-temps auparavant, ou de ne mettre, dans cesterres , que du fumier vieux et consommé.

On fait un grand usage , pour cet effet, descurures de fossés, de mares, étangs, ruisseaux,rivières ; des fouilles de caves et fondations debâtimens ; des boues des rues, des pelures decours , friches , landes ; des feuilles , tiges etracines de plantes amoncelées , etc. La plupartde ces substances ont néanmoins encore besoinde mûrir, soit pour détruire, par la fermentation,les graines quelles pourroient contenir, qui lève-raient dans les champs ou prairies, et nuiraientaux plantes dont on désire laccroissement ex-clusif ; soit pour les exposer à linfluence de lairet des météores. Cest ce séjour utile quOlivier de Serres appelle repos. Il ne faut pas quil soittel quon ne touche aux matières que pour lesporter aux champs , il est bon de remuer quel-quefois ces terres , et de les changer de placeavant de les employer. Les cultivateurs du ci-devant pays de Caux , département de la Seine- Inférieure , ont beaucoup dintelligence pour for-mer ces sortes dengrais. ( T . )

(27) Les herses à dents de fer sont plus pe- idem ,santés , et entrent plus avant que celles à dents c « ,0 " r II ,

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de bois. JNest-ce pas par cette raison, que lesAnciens disoient que la graine de luzerne haïs-soit le fer ? cette graine, comme beaucoup dau-tres , ne voulant être que couverte dun peu deterre. ( T.)

(28) Dans les pays le seigle est le grain do- Page 516,

minant, ou le plus important, on lappelle blé. I

Ce nom ordinairement est le synonyme de fro-ment : quelquefois on lapplique à lun et àlautre, en les distinguant ainsi : blé seigle,

blé froment , quand on dit les blés, on entend,suivant les lieux , seulement les seigles ou lesfromens. Olivier de Serres donne plus détendue

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