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Tome I. IIe. Partie.
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DU THÉÂTRE DAGRICULTURE. 5 9 5

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être altérée , sans doute ; mais ses racines don-neront toujours de la luzerne , moins belle ,moins abondante que si elle nétoit arrosée quemédiocrement. A la place de cette plante , àmesure quelle se détruit , il pousse du trèfle ,auquel le terrein , en cet état, convient mieux;parce que 7 pour peu quil y en ait dans le champou dans les environs , sa graine lève et donnedes plantes , qui sont le véritable trèfle , et nonune luzerne bâtarde ou dégénérée. Aussi Olivier de Serres a-t-il soin de faire remarquer que cesont deux plantes différentes. ( T.)

CHAPITRE V.

(35) Cette plante est le véritable sainfoin( hedysarum onobrychis, Z,.), connu encoresous le nom de bourgogne ; on lui donne le nomd 'esparcet, dans plusieurs Départemens méri-dionaux. Voyez la note ( 21 ). ( T. )

(36) Depuis lépoque lauteur écrivoit, laculture du sainfoin a pris beaucoup dextension ;on la trouve établie dans un grand nombre deDépartemens, Comme, en général, on est pluséclairé sur les prairies artificielles , chacun achoisi la plante qui convient le mieux à son ter-rein. Jai déjà dit que les sols humides demandentle trèfle, et quon emploie ceux qui sont substan-tiels, pour la luzerne, plus profitable, parce quonla coupe plus souvent. Il a donc fallu que lesautres eussent recours au sainfoin. Les dépar-temens du Loiret , dEure-et-Loire , de Seine- et-Oise , etc. , lont recherché , et en couvrentune partie des terres quils laissoient autrefoisen jachères. Cette culture , dans ces Départe-mens , qui ne sont pas les seuls , a augmentéde plus dun tiers en quarante ans. ( T. )

( 37 ) Il y auroit une erreur , si on prenoit cetteexpression pour comparer les qualités nutri-tives de la luzerne et du sainfoin ; car cette der-nière plante est regardée comme préférable àlautre. Les animaux qui sen nourrissent sontplus fermes , plus forts que ceux auxquels laluzerne sert de fourrage ; mais on retire plus deprofit de la luzerne , à cause de son abondance:sous ce rapport, le sainfoin lui est inférieur.

Suivant Olivier de Serres , la différence est peuconsidérable. Dans les climats chauds , celaseroit peut-être possible; mais dans celui desDépartemens du nord de la France , on coupele sainfoin une ou deux fois au plus , et laluzerne quatre ou cinq fois. On ne peut doncdire que les deux plantes se rapprochent enproduit. Daprès lauteur même, on ne sauroitles comparer; caron lit, au chapitre précédent,que dans le cours dune année , on fauche laluzerne cinq , six fois , et même jusquà huitou neuf, en terrein excellent ; tandis que lau-teur annonce , dans le chapitre suivant, que lesainfoin ne se coupe au plus que trois fois , cequi semble une contradiction. Au reste , il suffitde savoir que , tout calculé , il y a plus davan-tage à cultiver la luzerne , quand le terrein lecomporte. Si le sol nest propre quau sainfoin ,son infériorité sur la luzerne ne doit pas empê-cher den semer beaucoup. ( T. )

(38) Après plus ou moins dannées , suivantle terrein , on détruit le sainfoin en labourant laterre avant lhiver. Pendant toute la végétationde cette plante , beaucoup de feuilles tombent ;le labour les enterre : la racine, retournée par lamême opération , se pourrit. Il résulte de- unbon engrais, qui dispense du fumier. Dailleurs,le défrichement, en arrachant les racines du sain-foin , donne à la terre un labour plus profond ,qui contribue encore à la rendre plus fertile. ( T.)

() Ce nest pas que la morsure des animauxsoit, comme on le croit, venimeuse ; on ne doitpas croire davantage quils fassent aux plantesdes plaies dangereuses : leurs dents incisives lescoupent, sans les déchirer, et à-peu-près commedes instrumens tranchans ; mais souvent ils lesarrachent entièrement, en les pinçant fortemententre leurs lèvres , ou au moins ils dérangent,par une sorte débranlement, ladhérence desracines avec la terre , et par ce moyen ils re-tardent la pousse , ou même ils lempêchent.Cest sur - tout quand la terre est ameublie ,comme au sortir de lhiver , après les gelées ,que lentrée des troupeaux dans les prairiesartificielles leur est funeste. Le sainfoin a plusà en craindre que les autres , parce que , dunepart, ses racines senfoncent moins avant, et

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