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Tome I. IIe. Partie.
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DU THEATRE DAGRICULTURE. 5 99

vert, transpirant beaucoup, ils doivent être étril-lés et bouchonnés plutôt deux fois quune, quelleque soit lopinion contraire ; et lexpériencea prouvé que , conduits ainsi, ils éprouvent bienplus promptement tous les bons effets que lona lieu dattendre de cette nourriture : ils doiventaussi être promenés journellement, et cest sur-tout à la rentrée de la promenade quils doiventêtre bouchonnés et séchés.

Il ne faut pas faire passer le cheval brusque-ment du vert à la nourriture sèche , et du reposau travail habituel ; il faut, sur la fin du tempsdu vert, le diminuer peu-à-peu , et le rempla-cer , de la même manière , par quelques rationsdavoine et de foin. Un changement trop brusqueest souvent nuisible , et lanimal retombe quel-quefois promptement dans létat d il étoitsorti. (Âf.)

rage (4 7 ) Dans les environs de Paris , et dans les

gnTéLrn ' en< ^ r0 ^ s °ù l on a besoin dherbe, soit pour lesvaches laitières, soit pour donner à des chevauxdu vert à lécurie , on sème , en automne, delescourgeon ou orge dhiver, quon coupe auprintemps. Suivant le temps , suivant le climat,lorge coupée repousse plus ou moins vigoureu-sement ; abandonnée à elle - même , si on nela coupe plus , la repousse monte à graine , etdonne, ou la moitié , ou le tiers , ou le quartde ce quauroit produit lorge dont on nauroitfait aucune coupe en vert ; quelquefois on nenobtient quune quantité égale à celle qui a étésemée. Jai vu , dans le département des Pyré­ nées - Orientales , des cultivateurs intelligensensemencer de cette orge quelques champs ,pour y faire conduire leurs troupeaux de bêtes' à laine dans la saison rigoureuse, il ny a rienailleurs , et les en retirer assez à temps pour queces champs leur rapportent encore au-delà de lasemence.

Observations générales sur la Nourriture desBestiaux.

Si on compare les ressources actuelles de lagri-culture , pour la nourriture des bestiaux , avecles moyens indiqués dans larticle qu Olivier de Serres a consacré à cet objet, on ne peut sem-pêcher dêtre étonné de lavantage que làge

nous vivons a sur celui dans lequel vivoit cetagronome , si justement célèbre. En effet, selonlui, la manière de nourrir les bestiaux consiste,i°. dans des pâturages formés par la nature ,tels que ceux des landes, des montagnes , desbois , des bords des étangs , etc. ; 2 °. dans després composés dherbes analogues à celles despâturages naturels , et qui nexisteroient pas,si, au défaut de la nature , la main de lhommenavoit pas ensemencé le terrein ; 3°. dans descultures soignées de luzerne et desparcet (sain-foin ) ; 4 °. dans des farrages ou mélanges deplantes de divers genres et espèces ; 5°. dansdes coupes dorge en vert. Cest à cela quil seborne. On devoit sattendre quil ajouteroit aumoins les feuilles et les tiges du mays , qui sontsi sucrées et si savoureuses ; le trèfle incarnat(trifolium incamaturn), mieux connu souslenomde farouche , et les lupins ( lupinus albus , L. ),parce que ces plantes sont employées commefourrage, dans le midi de la France . Jai vu fairede bonnes récoltes de trèfle incarnat, et destroupeaux paître sur des champs de lupins , àla vérité un peu loin du pays quhabitoit Olivier de Serres .

Jai conclu , de cette omission, ou que cesplantes nétoient pas employées de son tempscomme fourrages , ou quil navoit pas connois-sance de lusage quon en faisoit, ou quil croyoitque celles dont il a parlé , étoient suffisantes. Ilne faut pas oublier que ses propriétés étoient assezprès dendroits montagneux, qui ne laissent pasque doffrir des pâturages.

Quoique je ne puisse assurer que le trèfle , ditde Hollande (trifolium majus ), fût déjà très-ré-pandu en France , au temps écrivoit lagro-nome du midi, cependant il est probable quedéjà nos Départemens septentrionaux lavoientadopté. Comment et pourquoi donc nen est-ilpas question dans Olivier de Serres ? La culturedu trèfle a fait de tels progrès , que je suis per-suadé quil occupe plus de terrein maintenant,que les deux cultures réunies de la luzerne et dusainfoin. Aucun ouvrage déconomie rurale nepeut plus paroître, sans un article exprès et étendusur le trèfle.

Outre le trèfle dit de Hollande, dont il y adeux variétés , le rouge et le blanc , on fait en-