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Tome II.
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CINQUIESME LIEU

mauvais, voire davaler des mescliantesmatières au défaut des bonnes , commejai veu, non sans admiration, dans legosier de certains pigeonneaux, des pe-tites pierres rondes , des buscliettes etsemblables drogueries. Partant, nest es-merveillable si le colombier mal entre-tenu , se déserte : car les pigeons à fautede bon traictement, abandonnent le co-lombier , sallans retirer ailleurs ilstreuvent à faire meilleure chère : à causede la famine et de lincommodité de lo-gis, laissons le lieu de leur naissance.aa ton- Aussi sest-on pi'ins garde, que donnerdu",-p!udZ manger aux pigeons à heure certaine,r i 5 eom. porte dommage au père-de-famille : par-ce que les pigeons des colombiers voisins,ne faillent de se treuver aux repas desvostres, ainsi précisément assignés , poury venir manger vostre viande. Car venule temps de pondre , cest en leur origi-naire colombier quils vont nicher et esle-ver leurs petits , aimans tous-jours mieuxleur propre logis quaucun autre, la fran-chise de cest animal estant louable, de ceque jamais ne quitte sa particulière mai-son, que par extreme contrainte, à forcede mauvais traictement. Donques cestvainement espérer, de cuider par artificesi bien attirer les pigeons voisins en vostx-ecolombier, quils sy accoustument et ar-restent pour y profiter. Aussi nest celajuste, ne souhaittable, ains est à désirerautres pigeons que vostres naller jamaiscliés vous 5 seuls estans sufhsans de satis-faire a vostre intention. A cela lunique re-mède est, de changer lheure des repas, lesadvanceant et reculant alternativementpar journées, comme mieux vous viendraà propos j sans toutes-fois les faire tum-ber sur le midi, pour les raisons dictes j

par telle incertitude et variété trompantles pigeons estrangers. Touchant la quan-tité de viande quon a à leur donner àchaque repas, elle se limite au nombredes pigeons : seulement sera dict des-sus , qualler escharcement en cest endroitnest bon mesnage : et quil est nécessairesarrester à certain ordinaire sans le res-traindre ni amplifier : ainsi que pourmaintenir le cheval en bon estât, sa por-tion mesurée davoine lui est distribuée àses repas.

Afin despargner la peine de porter Abriter

\ » « peine de leur

si souvent a manger aux pigeons, il y a donner àmoyen de les avictuailler une ou deux foisûTfo"r.°la sepmaine seulement. Lon enferme laprovision de grain selon la supputationfaicte, dans des quaisses de bois lon-guettes et estroictes , faictes en triangle ,lesquelles on pose sur les tables du colom-bier de telle sorte, que lun des angles esten bas presques joignant la table, ce quise faict sans verser daucun costé , avecles pieds qui la supportent droictement.

Par une petite fente laissée au long delangle inférieur , vuide le blé sur latable ( à la manière des entremueyes demoulin dans le trou de la meule ) à me-sure que les pigeons len tirent un grainaprès lautre, ne le pouvans autrementprendre : dautant que de la fente de laquaisse nen paroissent à coup que quel-ques grains, lesquels ostés , font placeaux autres, et ainsi conséquemment jus-quà ce que le tout soit sorti et vuidé de laquaisse. Laquelle tandis demeure ferméepar le dessus avec son couvercle , afin queles pigeons ny puissent toucher que parle lieu destiné. Ainsi, faisans filer leurgrain, treuvent dans la quaisse longue-ment à manger : ce que de bon coeur les