DU THEATRE D’AGRICULTURE.
63
Au UeuVII,chap.vin.
Sera pris dela maison.
Sera bienfermée.
pour ne rendre le creuser trop difficile.Ce sera grand advancement d’œuvre, sija le lieu est complanté d’arbrisseaux etbuissons à ce propres. Mais si par le dé-faut de Nature ou négligence des prédé-cesseurs , il se treuve vuide, sera fournid’arbres de la sorte , et plantés en la ma-nière ci-après enseignée : afin qu’en es-tant formés des taillis forts et espès , lesconnins y puissent avoir seure retraicte ,et vivres en abondance pour s’y entrete-nir. Il est à soubailter la gai'enne estreprès de la maison, tant pour le plaisir dela pouvoir souvent et aisément visiter, ety prendre la ff escbeur de l’ombrage ; quepour la conservation des connins, les-quels facilement l’on desrobe, estans enlieu par trop escarté.
Afin que les connins ne s’en-fuyent, seranécessaire fermer la garenne avec desbonnes murailles, bien maçonnées à chauxet sable, hautes de neuf à dix pieds, etprofondément fondées dans terre ; pouroster aux connins l’espérance d’en sortirpar dessous les fondemens, comme à celas’efforcent-ils , minans dans terre , tantils désirent la liberté , se sentans enfer-més , jusqu’à ce qu’ils ayent accoustuméle lieu. Les haies ne servent de rien pourretenir les connins , à travers desquellesils passent facilement, quelque fortes etespesses qu’elles soyent : ni aussi les fos-sés tant larges et tant profonds qu’on lesface, ou seroit qu’ils fussent remplis d’eau :dont la cloison se rend préférable à touteautre, pour les raisons dictes ci-après.Défaillant telle commodité, se faudra ré-soudre à la muraille, sans faire autre es-tât ne des haies ne des fossés , que pourpréserver le bois du taillis du dégast desbestes foraines, sans espérer de pouvoir
retenir les connins. Mais si pour l’incom-modité du pays, rare en pierre, ne pou-vés maçonner de bonnes murailles, commevers Thoulose et en plusieurs autres en-droits de ce royaume, où le bastiment esttrès-cher ; à tel défaut, la garenne seraclose, ou de murailles de terre, selon leurplus commun usage, ou de fossés et haiestout ensemble : dont à tout le moins letaillis demeurera en seurté. Et quant auxconnins, par accoustumance, à la longue,s’y arresteront, jrour les bons logis queleur dresserons ès terriers à la manièreci-après enseignée.
De la capacité de la garenne a ja esté Taillis pourparlé. Donques, sans crainte d’excéder, lagare:,ne -nous la prendrons autant grande que lelieu le permettra , afin d’avoir des con-nins sains et délicats au manger : commetels sont tous-jours ceux qu’on nourrit enterre spacieuse , lesquels courans à vo-lonté , ne se prennent garde de leur ser-vitude : par là approchans de la perfec-tion des entièrement sauvaiges. En grandnombre aussi, la raison voulant que plusen produise le grand que le petit lieu :duquel en outre , tirerés abondance demenu bois de chauffage , quand par cha-cun an ferés coupper du taillis par quar-tiers selon sa portée. Commodité non pe-tite , accomparée aux fumiers du colom-bier, pour de mesme qu’eux, tenir, cebois-ci, lieu de seconde utilité en la ga-renne : suffisant moyen pour satisfaireaux frais de son entretenement, restansles connins de liquide revenu. Néant- Sa capacité.moins , pour borner aucunement la ga-renne , dirai qu’elle sera de raisonnablegrandeur pour la fourniture d’une bonnemaison, si on y employé sept ou huictarpens de terres : et telle garenne estant