DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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Clapierà garenne.
Les nidsdu clapier.
Comment,
ment, comme de quatre ou cinq pieds :et après on j)ave tout le lieu avec de bonsquarreaux de pierre, ou gros cailloux ,trois ou quatre pieds dans terre, la re-muant, en dressant le pavé, à la manièredu planter de la vigne. Ainsi donnant àfouiller aux connins, telle terre remuée,ils ne puassent plus outre, par le rencontredu pavé, dont ils demeurent prisonniersdans tels limites. Ce clapier-ci, est pard’aucuns appellé, garenne, toutes-fois im-proprement : sa grandeur et son bon ser-vice, lui ayans donné ce titre. Duquelnéantmoins se servira nostre père-de-fa-mille, lui défaillant la commodité de lavraie garenne j pour l’entretenement delaquelle, lui est requis un autre clapierque cestui-ci, plus petit et autrement fa-çonné.
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Le clapier pour la garenne , sera pe-tit, capable seulement de contenir liuictou dix femelles et deux masles ; disposéen telle sorte , que sans aucunement s’en-tre-mesler, ces bestes puissent vivre , etque commodément aussi on puisse don-ner les masles aux femelles, pour la mul-tiplication et engeance. Pour ce faire,chacune beste aura son nid à part, avecsa petite court au devant, afin que du nid,qui sera en lieu couvert, la beste aille à lacourt pour prendre l’aer , et manger. Lescourts seront aussi divisées les unes desautres, pour les causes dictes , et ce avecdes rozeaux ou cannes, ou autre boissolide , que ce bestail ne puisse ronger $dont sera faicte une palissade ou treillis,comme cages à oiseaux, pour librementlaisser passer l’aer et le soleil, et ces bestesprisonnières s’entre-voir et non assem-bler , de peur de se destraquer les unes lesautres en leur nourriture, revenant à l’in-
térest de leurs portées. Car vivans en com-mun , ne feroient tant, ne si souvent despetits, ne les esleveroient si tost, ne si bienque quand chacune mère a sa loge sépa-rée. Principalement, désire-on telles sé-parations pour le respect des masles, d’au-tant qu’ils tuent les petits quand ils les jieu-ventattraper ; pour l’immodéré désir qu’ilsont de jouir plus librement des femelles.
Ces nids, qui en somme seront dix oudouze, seront rengés en file l’un joignantl’autre, regardans le midi, au devant d’unmur, leur faisant espaule contre la bize ,afin qu’exempts des excessives froidures ,les connins demeurent en abri. Lesquelsaussi parera - on aucunement de la vio-lence des extremes chaleurs de l’esté, met-tant par dessus leurs petites courts, des ra-meaux et fueillars freschement couppés,pour les tenir en ombrage. Ou se voulantdescharger d’un tel soin, fera-on grimpersur les courts, des rameaux de vigne , dehoublon, de roziers ou d’autres choses àce propres, dont l’on façonnera un treil-lage : lequel servira en esté par son om-brage, et icelui ne nuira en liyver, parlors n’y en avoir aucun ou bien petit,pour le naturel de telles matières se dé-fueillant en automne. Par dessus ces cloi-sons l’on jettera la mangeaille au bestaildans les courts : esquelles l’on entrera ,quand l’on voudra, parles petites portes,demeurans bien closes, pour retenir lebestail de s’en-fuir.
En tout lieu qu’il vous plaira, ferésdresser ce clapier-ci, pourveu qu’il soiten endroit asseuré des larrons et desbestes. Mais pourl’aisance de le pouvoirsouvent visiter, le meilleur sera de l’as-seoir dans le jardin près de la maison. Lànourrirés ces bestes prisonnières avec li-
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Combien.
Et
où dressés .