C I N Q U I E S M E LIEU
Ko wrîturedes bestesrousses }
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d’autres viandes, selon les saisons, ainsique les autres connins : estans de nourri-ture commune (64)*
CHAPITRE XII.
Le Parc.
Pour dresser le parc aux grosses bestessauvaiges, servira de convenable instruc-tion , la garenne, comme en estant le mo-delle : et rapportant la cliosc du petit augrand, dirai que comme la vraie situationde la garenne, est dans le taillis, de petitcircuit, et nourrissant petit bestail; celledu parc doit estre, ès forests et bois dehaute fus taie, en grande estendue de terre,pour l’entretenement des grandes bestes ,y ad-joustant ceci, que l’un est propre-ment pour le simple gentil-homme, etl’autre ne peut appartenir qu’au grand sei-gneur ; inventé plus pour magnificence,que pour utilité. Ces parcs se conformentensemble en ceci , que d’enfermer desbestes sauvaiges, selon leur corpulance :les petits, des petites : les grands, desgrandes : et tous deux veulent estre pro-fitablement fermés , et commodémentfournis de pasturages, pour retenir etnourrir les bestes, selon leurs espèces.
Toutes sortes de fruicts sont agréables
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aux bestes rousses et noires, spéciale-ment le gland, duquel elles se paissenttrès-bien : aussi est-ce le chesne qui tientle premier reng au parc. Les liaillierstouffus et serrés sont fort recerchés desbestes sauvaiges, pour secrettement s’yretirer et faonner à l’aise sans destour-bier : à quoi aidera-on par artifice, y dres-
sant des grottes et cavernes brutes, auplus près du naturel que faire se pourra.Ces bestes-ci ne peuvent vivre sans boire :par cpioi est nécessaire les accommoderd’eau , dont la plus désirable est la cou-rante, de fontaine ou de ruisseau : au dé-faut desquels, l’on recourra aux mareset cisternes , qu’on dressera en divers en-droits du parc, selon sa grandeur : et tantproprement, que les bestes d’elles-mesmesaisément s’y abbruvent.
Ne se contentera-on pour le vivre deces bestes, des pasturages du fonds, quel-que abondans soyent-ils j ains à la ma-nière ci-devant enseignée, fera-on desfarrages pour y paistre en liyver. Et cebon traictement, leur fera oublier la ser-vitude , dont elles se maintiendront en bonpoinct. S’engraissiront aussi moyennantque sans espargne on leur donne du graintous les jours de l’hyver, leur ordinaireréglé : particulièrement, en tous temps ,aux bestes pleines, et à celles qui de nou-veau ontfaonné. Pour avoir le plaisir devoir assemblées ces bestes-ci, on les ac-coustiune à manger du grain en certainsendroits accommodés, comme avons dictdes connins, et de mangeoirs , et de ca-binets couverts , pour de là sans estre veud’elles, les contempler à loisir. Scrvansaussi ces cachots, à les surprendre parpièges et autres engins qu’on leur dresse,si de peur d’effrayer le trouppeau, l’onne leur veut tirer à l’arquebuze. Aucunsjettent dans le parc, quelques cerfs,biches, sangliers et semblables bestes ap-privoisées dès leur jeunesse pour emme-ner les sauvaiges par tout le parc , afin deles voir de près où l’on voudra. Je ne passeplus outre aux particularités du gouverne-ment de ce grand bestail, afin de n’outre-
Et le soinqu'il en fautavoir .