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CINQUIESME LIEU
port, miel et cire, avec peu de labeur.En Polongne , ne viennent du tout natu-rellement, ce qui cause quelque petit soinà les conduire. Ce sera donques en en-droit couvert, principalement de la bize,où nous logerons nos abeilles , y ad-jous-tantceci, que de les poser directement àl’aspect du levant d’byver, afin qu’estansesclairées et eschauffées dès le grand ma-tin par le soleil, soyent fortifiées pourbien travailler toute la journée. Si le paysest aucunement sujet aux vents, l’apierou rusclier sera hautement fermé de mu-raille bastie de bonne maçonnerie, pourservir d’abri aux mousclies : mais n’estantle climat ainsi incommodé, suffira pourtoute cloison, une bonne haie vifve, la-quelle ayant de commun avec la muraille,la seurté des abeilles contre les larrons,en outre, a ceste particulière utilité, quede fournir de brins, de fùeilles , et defleurs aux mousclies, pour leur vivre etpasse-temps. Les Anciens ont commandéde perser la muraille en plusieurs endroitsquelques pieds sur terre, pour le librepassage des abeilles allans et venans ques-ter leur vie $ mais telle observation n’estnécessaire, parce que les mousclies sortansde leurs rusclies, sont tous - jours légèrespour voler amont : et revenans estanschargées , tumbent aisément en leur lo-gis , mesme s’il est assis en valée, commeà telle cause l’endroit enfoncé, par dessustout autre, est choisi. Et encores qu’onleur donnast contraire quartier , moyen-nant bonne conduicte , ne laisseraientpourtant de s’y retraire : comme avecapparentes incommodités, void-ondesabeilles mesme dans les villes, rapportermodéré profit -, tant ce docile animal estde facile conduicte.
Le rusclier sera assis en lieu net et se- z™ Un!rcret j les avetes haïssans la saleté et toutes nenc "“ n ‘-sortes de mauvaises senteurs , mares-cages, bourbiers, fumiers, retraicts, etsemblables endroits puants. Aussi la fré-quentation de toutes espèces de bestes,volaille et autre , domestique et estran-gère, leur est préjudiciable. Les pouleset les arondelles mangent les abeilles :les beufs , pourceaux , chèvres , brebis ,chiens , toutes ces bestes nuisent auxabeilles, s’en approchans , renversansleurs maisonnettes, foulans leurs her-bages , broutans leurs fleurs , abbattansla rozée du matin, ausquelles choses con-siste la vie de ces petits animaux. Pourles préserver de telles injures , à la mercide ces tempestes-là, ne seront-elles ex-posées, ains les logera-on dans l’enceintdes jardinages, en retranchement faict enendroit convenable et bien choisi. Nonseulement les abeilles fuyent les mau-vaises odeurs, ains recerchent les bonnes,jxour loin qu’elles les ayent. Pour les défi- Leur four-
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vrer de laquelle peine > nous fournirons lerusclier de toutes les sortes de plantes, ar-bustes et herbes dont nous-nous pourronsaviser, eslevables en nostre climat, rap-portans , et par elles, et par leurs fleurs,agréables senteurs. Les plus désirablesplantes , ainsi qualifiées, sont celles deplus longue durée (afin que ce ne soit àrefaire chacun an ) comme rosmarin, ro-ziers de diverses espèces, mesme de da-mas , thym , sarriete, lavande, mente ,sauge , mélisse, lys blancs , violiers deplusieurs couleurs. Se prenant garde de &ce poinct, que d’y en mettre de tant de ““ ccntraire >sortes, que selon le divers naturel desplantes, elles fleurissent en divers temps,tost et tard , à ce que longuement les