DU THÉÂTRE D’ AGRICULTURE.
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Leur faireéviter lesmauvais.
abeilles y treuvent de quoi se conten-ter. Presques toutes les herbes potagèresservent en cest endroit, et spécialement lesfèves, pour l’abondance de leurs fleurs,estans de souefve odeur : et très-utile-ment aussi les fleurs de la généralité desarbres du verger : car outre la bonne sen-teur , fournissent matière à suffisance ,pour l’ouvrage des abeilles : lequel tantplus délicat sera-il, que jdus exquis se-ront les fruictiers près desquels les abeillesseront logées. Comme par le contraire ,ne pouvans les abeilles charger que surplantes sauvaiges et malignes , par fauted’autres, ne rapporteront miel de valeur,ains plustost bastard et venimeux, et cirede peu de prix.
Selon Pline l’herbe appellée, œgole-tros, donne au miel qualité puante et ve-nimeuse, certaine saison de l’année, prèsla mer Major (70). En ces quartiers-ci, deLanguedoc, les fleurs de l’orme, du tithy-male , du genest , de l’arbausier , dubonis, changent la bonté du miel, et au-cunes de ces fleurs-là, emmaladissent lesabeilles : du voisinage desquelles plantesconvient esloigner les abeilles tant qu’ilsera possible, afin que soit ou par famine,ou par curiosité, elles ne s’addressent ja-mais en mauvais lieu. C’est pourquoi,est nécessaire de les pourveoir de si grandequantité de plantes salutaires, qu’ellesn’ayent occasion d’aller loin quester leurvie. Néantmoins , quelque soin qu’onmette après ces choses, si ne peut-on dutout retenir les abeilles près de leur habi-tation , que pour se pourmener, en beautemps , elles ne s’esloignent bien avanten la campagne. D’où ne rapporterontque bonne matière , et pour le miel etpour la cire , si généralement le pays est
propre pour le pasturage du bestail àquatre pieds, à cause des herbages four-nissans viande à suffisance à tous ces ani-maux-là, dont ils se nourrissent. Aussioù est le laict, là est le miel : comme estdict en la Sainctc Escriture, la terre deCanaan abonder en laict et en miel. Letemps aussi que les abeilles demandent,est le mesure de celui que les brebis etmoutons désirent, assavoir, sans bruines,et abondant en fleurs. A ceci consententles Antiques avec les Modernes, que desfleurs , la cire est faicte : et de la rozée,le miel : l’une et l’autre tant meilleurs serendans, que plus délicates sont les fleurs,et les fueilles sur lesquelles chet la rozée;de là prenans leurs bonnes qualités (71).
L’eau est aussi remarquable en cest ah> pourendroit, pour l’abbruvoir des mousches- h à u ' h f° nncrà-miel. En nulle eau, que claire et nette,ne s’abbruveront-elles , telle l’allans cer-clier pour loin qu’elle soit. C’est pourquoile ruscher sera bien accommodé, si pardevant ou au travers d’icelui, passe un pe-tit canal d’eau vifve, afin que les mouschesayent moins d’occasion de s’escarter pouraller boire. Ce canal sera garni ès costésde pierres, et branchettes de bois, pouraisément s’y poser les mousches allansboire : retenant si bien l’eau en ses li-mites , et tant à propos la vuide , qu’ellene verse parmi l’apier, de peur de lerendre en marescage. A faute d’eau cou-rante, l’on s’accommode de celle de puitsou de cisterne, laquelle estant joignantl’a-jner, en est puisée, et après jettée dansdes petits canaux à ce apropriés (72).
Les bancs pour asseoir les rusches, se- ® i ogerront artistement bastis, à ce qu’elles y Ie ' ruu,u ‘-reposent seurement. L’on relevera cesbancs sur terre avec des pierres quarrées
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