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Tome II.
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DU THÉÂTRE D AGRICULTURE. 9 3

Les mœurs,

cher , se termine la mise du premier ar-ticle de ce négoce. Lautre despence filetous-jours, puis quil est question den-tretenir un gouverneur à nos abeilles ; ré-solution nécessaire à celui qui veut avoirbon revenu de ceste nourriture. Du na-turel des abeilles , est sortie la science deles conduire à propos : ayans nos prédé-cesseurs par longue habitude, descouvertleurs moeurs, leurs exercices, leurs ma-ladies. La rusclie des mousches-à-miel,est un vrai modelle dune république bienpolicée : chacune abeille , et toutes engénéral, travaillent par charges distinctes,à se dresser des logis, à les avictuaillerpour y vivre et perpétuer leur race,par renouvellement de génération. Ellesobéissent à un roi, lequel par toutes lesabeilles est suivi en gros, quand il estquestion daller cercher nouvelle habita-tion : et continuellement dedans et prèsle logis , par certain nombre de mous-clies , comme ses aardes ordinaires. Ellesgardent la porte de leurs rusclies, pour,de leur pouvoir , en empescher lentréeaux bestes nuisantes. Elles ont des abeillescommises pour aller en campagne prendrela matière de la cire, de laquelle leurs cel-lules et particulières maisonnettes sontfaictes , quelles baillent à dautres quilamollissent et pestrissent, et après larenvoyent à celles qui la mettent enoeuvre. Autres , ont la charge de la ma-tière du miel, dont, comme dessus, pas-sant par diverses mains , finalement lemiel se rend parfaict. Le mestier dautres,est, de tenir nettement le logis : diceluisorlans toutes immondices, non trop poi-santes , ains par elles maniables , commele marc et la lie, et de la cire et du miel :11e se donnans telle peine de leur fiente,

pour ne sy en treuver poinct ; dautantquelles sont si nettes, que cest seule-ment dehors et en volant quelles vuidentle ventre, selon lopinion daucuns. Demesme elles sortent des rusches lesabeilles mortes, en les traisnant loin deleur habitation, de peur de linfection.Mais cest avec honneur, comme un con-voi de sépulture , car une vingtaine da-beilles accompaignent la morte, deux latraisnans, voletans un pied sur terre, jus-quau sépulchre, d retournent au logistoutes ensemble. Chose que moi-mesmeai observée avec merveille (78).

Leurs principales maladies sontlajieste,et le flux de ventre: lune les tuant promp-tement à grandes trouppes, lautre lesalangourissant peu à peu, avec danger demort. Le froid, la famine, le trop manger,le trop travailler, les tourmentent aussi.La peste le plus souvent leur avient desaleté , quand par négligence les ruscliesnayans esté opportunément et convena-blement nettoyées , quelque contagieuseinfection se fourre dedans. Duquel malsapperçoit-on, voyant les abeilles tristes,de couleur obscure , et se mourans engrand nombre. A quoi le plus asseuré re-mède est, de leur changer de logis, enrusclie bien nette , frottée avec de la mé-lisse , du rosmarin, du thym, de la sauge,et semblables herbes, remuant les abeillesà la manière ci-après monstrée , et aussiles perfumant avec du fien de beuf et dugalbanum : puis les convient transporterloin du ruscher, afin de préserver de con-tagion les autres abeilles : jusques à ceque celles-ci, guéries , puissent estre re-mises en leur premier lieu. Et dautantque dans telle nouvelle rusche , ny a nemiel ne cire pour les abeilles, afin quà tel

F.t lesmaladies desabeilles.