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CINQUIESME LIEU
Aussi leursremèdes.
défaut les abeilles ne l’abandonnent, l’ony mettra dedans des rayons de miel fres-chement tirés de quelque rusclie bienfournie, pour donner à vivre à ces lan-goureuses mousches : y ad-joustant despasserilles ou raisins secs et figues cuitesdans eau miellée , qu’on fourrera par basdans la rusche , avec des petits canaux derozeaux refendus , qu’en telle sorte l’ony accommodera. Ce remuement est plusdifficile à faire en by ver, qu’en autre sai-son de l’année, pour la disette de vivres :auquel cas , donnera-on ordre de fournirla rusclie tant abondamment, en y met-tant les abeilles, et continuant si diligem-ment quelques jours après, que par fautede vivres, les abeilles n’ayent occasion des’en-fuir , ou soyent contraintes d’y mou-rir de faim.
Le flux de ventre vient aux abeilles aucommencement du printemps, par tropmanger de fleur de tithymale et de celled’ormeau. Pour les engarder, faut don-ner ordre de faire tost fleurir les plantesdu ruscher à cela les plus propres: afind’avictuailler les mousches, se treuvansaffamées à la sortie de l’hyver. Ce fleuriravancé, se pratique journellement par lesexpers jardiniers, en tenant couvertes lesplantes dont est question, durant l’hyver,pour les parer des froidures, les fumantet arrousant opportunément d’eau tiède.A cela les plus propres et ployables sontle rosmarin, les violiers, les soucis etsemblables plantes primeraines. Au con-traire , arrachera-on tant qu’on pourradu près de l’apier, de tithymales , pouren desengeancer le lieu; à ce que lesabeilles ne le puissent rencontrer. Com-mandement qui ne s’estend sur les ormes,pour leur bon service en plusieurs choses,
récompensans la perte qu’ils causent encest endroit (79).
Le froid et la famine, se guérissent parleurs contraires ; assavoir , en tenantchaudement les abeilles , lors qu’on voidles froidures se renforcer, revisitant sou-vent leurs rusches , pour raccoustrer lestrous , fentes et crevasses qui pourroientestre : à ce que les vents, neges et eauxn’y pénètrent aucunement. Et en leurdonnant à manger quand la terre ne pro-duit des fleurs pour leur nourriture : et ceviandes liquides et douces, comme figueset raisins bouillis et consumés en vin eteau miellée : du miel, des pruneaux cuitsavec leur brouet, des fèves aussi cuites ,du laict et semblables matières.
Du trop manger, procède le trop tra-vailler: dont quelques-fois les avetes semeurent, ettous-jours par tel excès, larace en défaut. D’autant que ne pouvansles abeilles travailler, à la fois, à faire dumiel et des nouvelles mousches, cessentde besongner en l’un , pour s’occuper enl’autre : et communément, préfèrent lemiel à leur génération, quand par f élicitéde la saison, la terre se treuve couvertede fleurs. Car lors les abeilles ne se peu-vent saouler de charrier dans leurs ruschesles matières de leur ouvrage, à la ruinedu total de ceste nourriture, sans conve-nable remède. Le remède ne gist qu’à en-garder les avetes d’aller en campagne, dequelques jours, afin d’arrester leur ex-trême affection , et en suite, les contrain-dre d’employerconvenablement le temps.On les retiendra donques dans leurs rus-ches , en leur fermant les issues avec destoiles qu’on leur tendra au devant : les-quelles pour leur rarité, n’empescherontdu tout l’entrée de la clarté dans icelles.