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Tome II.
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CINQUIESME LIEU

Aussi leursremèdes.

défaut les abeilles ne labandonnent, lony mettra dedans des rayons de miel fres-chement tirés de quelque rusclie bienfournie, pour donner à vivre à ces lan-goureuses mousches : y ad-joustant despasserilles ou raisins secs et figues cuitesdans eau miellée , quon fourrera par basdans la rusche , avec des petits canaux derozeaux refendus , quen telle sorte lony accommodera. Ce remuement est plusdifficile à faire en by ver, quen autre sai-son de lannée, pour la disette de vivres :auquel cas , donnera-on ordre de fournirla rusclie tant abondamment, en y met-tant les abeilles, et continuant si diligem-ment quelques jours après, que par fautede vivres, les abeilles nayent occasion desen-fuir , ou soyent contraintes dy mou-rir de faim.

Le flux de ventre vient aux abeilles aucommencement du printemps, par tropmanger de fleur de tithymale et de celledormeau. Pour les engarder, faut don-ner ordre de faire tost fleurir les plantesdu ruscher à cela les plus propres: afindavictuailler les mousches, se treuvansaffamées à la sortie de lhyver. Ce fleuriravancé, se pratique journellement par lesexpers jardiniers, en tenant couvertes lesplantes dont est question, durant lhyver,pour les parer des froidures, les fumantet arrousant opportunément deau tiède.A cela les plus propres et ployables sontle rosmarin, les violiers, les soucis etsemblables plantes primeraines. Au con-traire , arrachera-on tant quon pourradu près de lapier, de tithymales , pouren desengeancer le lieu; à ce que lesabeilles ne le puissent rencontrer. Com-mandement qui ne sestend sur les ormes,pour leur bon service en plusieurs choses,

récompensans la perte quils causent encest endroit (79).

Le froid et la famine, se guérissent parleurs contraires ; assavoir , en tenantchaudement les abeilles , lors quon voidles froidures se renforcer, revisitant sou-vent leurs rusches , pour raccoustrer lestrous , fentes et crevasses qui pourroientestre : à ce que les vents, neges et eauxny pénètrent aucunement. Et en leurdonnant à manger quand la terre ne pro-duit des fleurs pour leur nourriture : et ceviandes liquides et douces, comme figueset raisins bouillis et consumés en vin eteau miellée : du miel, des pruneaux cuitsavec leur brouet, des fèves aussi cuites ,du laict et semblables matières.

Du trop manger, procède le trop tra-vailler: dont quelques-fois les avetes semeurent, ettous-jours par tel excès, larace en défaut. Dautant que ne pouvansles abeilles travailler, à la fois, à faire dumiel et des nouvelles mousches, cessentde besongner en lun , pour soccuper enlautre : et communément, préfèrent lemiel à leur génération, quand par f élicitéde la saison, la terre se treuve couvertede fleurs. Car lors les abeilles ne se peu-vent saouler de charrier dans leurs ruschesles matières de leur ouvrage, à la ruinedu total de ceste nourriture, sans conve-nable remède. Le remède ne gist quà en-garder les avetes daller en campagne, dequelques jours, afin darrester leur ex-trême affection , et en suite, les contrain-dre demployerconvenablement le temps.On les retiendra donques dans leurs rus-ches , en leur fermant les issues avec destoiles quon leur tendra au devant : les-quelles pour leur rarité, nempescherontdu tout lentrée de la clarté dans icelles.