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Tome II.
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DU THEATRE DAGRICULTURE.

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coupper subtilement la brandie, et tout-clune-pièce, la fourrer dans la rusclie avecles abeilles. Ne le pouvant ainsi commo-dément faire, lon prendra les mouscliesà lopins, avec une truelle de maçon, ouune grande cueiller, et petit à petit lesmettra-on dans le nouveau logis, sans lespresser, frappant cependant doucementavec une pierre contre la rusclie , commepour les inviter à y entrer. Sestant les-soin fourré au creux dun arbre, la clioseen sera bien plus difficile ; toutes-fois onlen retirera jiar le moyen dune ruscliemise auprès du trou de larbre , dans la-cpielle les mousclies delles-mesmes se re-mueront, par lattrayante senteur dontelle sera perfumée comme dessus. Lachose se fera aisément, pourveu que les-soin ny aie beaucoup séjourné, pourestrebien fascheux aux mousclies de quit-ter le lieu auquel ja elles ont travaillé.Dautant, que , comme a esté dict, ellesne demeurent jamais oisives, se mcltansà besongner dès estre arrivées au premierlogis quelles font sortons de leur rusclie :voire sur larbre mesme , auquel pour lapremière fois elles se sont arrestées, com-mencent à se bastir et accommoder. Ainsisentans la bonne odeur du vaze perfumé,et le peu ou poinct de provision de leurpremier logis, le quitteront volontierspour sy loger. Mais nestant le lieu à pro-pos pour y accommoder la rusclie , pourla hauteur de larbre ou autre occasion ,on tiendra une autre méthode : qui seradattacher un panier dozier, lavé et per-fumé, au bout dune longue perche, etlapprocher près des abeilles , lesquellesà cause de la bonne odeur du panier, syretireront, d par-après on les remueradans une rusclie.

Théâtre c£ Agriculture , Tome II.

Quelques-fois , lessoin se divise en Remid ,deux ou trois bandes, tenant chacune son A Ieurs

' aidons.

quartier, en danger de tout perdre, poul-ie mal que cause tous-jours la division.

Cela avient de la pluralité des rois, quinestans daccord font sédition pour la sou-veraineté. Le remède est, ou daccorderles rois par-ensemble, ou de nen laisserquun en tout lessoin, à ce que commeimage de toute la monarchie , les abeillessoyent conduictes par un seul roi. Lonpeut appaiser leurs fureurs quand ils sen-tre-battent avec leurs bandes, les unescontre les autres , comme ennemis des-couverts; en leur jettant contre de la pous-sière des chemins et des liqueurs douces,comme eau et vin miellés ou vin cuit. Celane rencontrant, convient se deffaire desrois superflus , les recerchant dans lestrouppes après sestre appaisées et deve-nues coies, doucement allant choisirceux qui ne vous agréeront, ce quon feraà la main sans crainte clestre piqué desabeilles, layant au-paravant frottée avecde la mélisse. Telle recerche se fera seu-lement aux petites trouppes, de chacunedesquelles ayant tué le roi, delles-mesmespar faute de chef, se rengeront sous leroi estant à la grande, à laquelle nauréstouché (84)- ^ es ro ^ s se recognoissent à lagrandeur de leur corps, excédant celle descommunes abeilles, et en beauté de cou-leur aussi. Ils nont aucun éguillon, mons-trans par leur douce royauté, et le bonnaturel des abeilles, qui mieux obéissentpar raison que jmrforce. Les rois sengen-drent dans les rusches , non du commundes abeilles , ains sortent de race dis-tincte et séparée : car cest dune liqueurrouge quon treuve dans des trous, plusgrands que les autres, au bout des rayons,

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