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Tome II.
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CINQUIESME LIEU

T.a

mière iductionla soyetueur tFrancele roi.

plus tardive quen pays méridional. Quoipour cela, pourveu quon aie abondancede bonne et belle soye ? S i lon ne mois-sonne ès pays septentriomaux, en Mai et,Tuin , comme lon faict en Languedoc etProvence , si font bien en J uillet et Aoust.De mesine, lon ne laisse davoir beau-coup de bon vin en France , encores quonne vendange si tost quès pays plus chauds.Les meuriers ont devancé la science denourrir les vers , comme jai dict, en at-tendant laquelle , plusieurs sous louïrdire , sestans efforcés en vain de nourrirdes vers-à-soye , ont descr tel mesnage ,estimans ce bestail-ci, ne pouvoir profiterquès lieux il sest de long temps natu-ralizé,dont, d'impatience, ont arraché,comme arbres inutiles , le:s meuriers, queau-paravant et au premier bruit de leurvaleur, ils avoient plantés avec beaucoupdaffection. Mais ceux (qui ont attenduconstamment les saisons se sont rencon-trés meilleurs mesnagere , et abondam-ment pourveus de fueil.le de meurier ,lors que le sçavoir condui re de ce bcstail,est arrivé, exemple cpii se remarque àNismes et en divers autres lieux du Lan­ guedoc , servant clinstruiction à ceux quiaujour-dliui se veulent d électer à si profi-table mesnage : lesquels, à leur contente-ment, treuveront en ces idi scours, assem-blées les sciences , et desdever les arbres,et de nourrir le bestail : diont ils seront dé-livrés de lennui datteinte langoureuse,et du hazard de mal nouirrir les vers.pn- Le roi ayant très - bien recogneu ceschoses , par le discours quil me com- L . "" manda de lui faire sur oe sujet, lan milf ar cinq cens quatre-vingt-dix-neuf, printrésolution de faire esle^ver des meuriersblancs par tous les jardin s de ses maisons.

Et pour cest effect, lannée ensuivant,que sa Majesté fit le voyage de Savoie ,elle envoya en Provence , Languedoc etVivaretz, monsieur de Bordeaux , baronde Colonces, sur-intendant-général desjardins de France , seigneur rempli de tou-tes rares vei'tus : et par cestc mesme voie,le roi me fit lhonneur de mescrirc, pourmemployer au recouvrement desdictsplants (96)5 japportai telle diligenceque au commencement de lan six cens un,il en fut conduict à Paris , jusques au nom-bre de quinze à vingt mil. Lesquels furentplantés en divers lieux dans les jardins desTuilleries, ils se sont heureusementeslevés. Et ne voulant sa Majesté, quetels thrésors demeurassent plus resserrésen certains recoins de son royaume, ainsque ses peuples sen ressentissent, uni-versellement: ad-joustant aux biens de lapaix, dont par son moyen, et la faveurcéleste, toute la France jouit très-paisi-blement, auroit ordonné que les commis-saires ja députés par sa Majesté pour lecommerce général, aviseraient aux plusf aciles exjiédians quil serait possible , defournir de meuriers son royaume, afindy recueillir la soye5 et en suite, denestablir la manufacture. Sur quoi, et sui-vant le vouloir de sa Majesté, après bonneet meure délibération furent passés con-tracts sur ce sujet avec des marchands ,à Paris les quatorziesme Octobre et troi-siesme Décembre mil six cens deux, con-firmés , autliorisés et ratifiés, par lettrespatentes de sa Majesté, contenans le four-nissement desdicts meuriers , ès quatregénéralités de Paris , Orléans , Tours etLion ; aussi, de certaine quantité de se-mence ou graine desdicts arbres , pourestre despartie ès eslections desdictes-