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CINQUIESME LIEU
plus de deniers et en moins de temps, quepar autres fruicts qu’on lui puisse com-mettre , à tout le moins , dont l’on puissefaire estât.
supputa- Communément un milier de fueille de
tion de la . . . » • -i
ti meurier, taisant dix quintaux de pouls,
du rapportde cette nour-riture.
' r J. satislaict à nourrir une once de graine devers; et l’once de graine, rend cinq ousix livres de soye ; chacune vallant deuxou trois escus, et davantage : par quoidix ou douze escus , sortent de dix quin-taux de fueille : laquelle quantité, vingtou vingt-cinq arbres de moyenne gran-deur produiront tous-jours. Voire beau-coup moindre nombre y suffira, si ce sontarbres vieux et grands, comme il s’entreuve en plusieurs lieux, mesme versAvignon , de tant amples et abondans enramage, qu’un seul fournit de fueille ,pour nourrir une once de graine : maispar estre très-rares tels arbres ainsi quali-fiés, estât certain n’en doit estre faict.Pour les frais du négoce, le quart du to-tal est prins : ainsi restent les trois quartsde liquide revenu, qui font sept escus etdemi, ou neuf escus , que vingt ou vingt-cinq meuriers rapportent par communesannées. Je confesse cpie tous-jours l’oncede graine ne rend les cinq ou six livres desoye, voire quelques - fois ne faire pres-ques rien : quand par l’infélicité de la sai-son, la fueille, se treuvant mal qualifiée,par mauvaise nourriture, cause diversesmaladies aux vers : quand la peste sefourre parmi ce bestail : quand par n’estrebien affermis les estaudis, où sont logésles vers, croulans sur eux, les tuent: ouquand par autres accidents tout se meurt.Mais aussi c’est chose confessée de tousceux qui s’exercent à ceste nourriture,que telle année y a-il, l’once de graine,
venir jusques à dix livres de soye et da-vantage : et c’est alors, que la race dubestail, son logis , sa viande, le temps ,la main du gouverneur, s’accordent pourle bien de ce mesnage. Et qui ne sçait lesblés, les vins , les fruicts des arbres, lebestail, souvent deffaillir par teinpestes ,sécheresses, humidités, et autres excèsde l’année ? Et cpii voudroit désister delabourer ses terres-à-grain ? Qui voudroitarracher ses vignes et arbres, cesser lanourriture du bestail, pour leur faillitede quelque année ? Nul ne se treuve simal avisé. Il apperra ci-après qu’au gou-vernement de ce bestail, l’on ne peut rienadvanccr sans curiosité, diligence, des-pence ; pour lesquelles choses plusieursmesprisent ce mesnage, comme fantas-que, pénible, despencier. Mais ils se des-çoivent, pour ne considérer cpi’avec mo-déré salaire , treuve - on des gens à suf-fisance, entendus à cest art, qui se char-gent de tout ce qui en dépend.
Et pour en particulariser les despences, a n.ma» rrdirai , que cent ou six vingts journées, ,a f ue,lu -dont les trois quarts sont de femmes oude garçons, suffisent à cueillir toute lafueille nécessaire pour nourrir dix oncesde graine de magniaux, et pour la portersur le lieu du bestail, estans les meuriersnon guières esloignés de lamaison, commecela est requis. Au payement desquellesjournées pour la qualité des personnes ,n’entre beaucoup d’argent : car c’est auxvivres où le plus s’en consume. Mais si lanourriture des amasseurs de fueille vousimportune, avec de l’argent seul, vous-vous ferés faire tel service; à la journée,ou à tasche ; selon l’ordre de plusieursvilles, où tel trafiq est en usage.
Touchant le gouverneur , ses gages G """ du
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