DU THÉÂTRE D’ AGRICULTURE.
Touchantla graine.
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sont communément de deux , trois ouquatre escus le mois , outre son vivre : etsa charge est de conduire les vers, dès lecouver de leur graine, jusques à la soyefaicte ; c’est à dire, la rendre tirée. Unseul homme gouvernera tant demagniauxquevoudrés, pourveu qu’il soit assisté:ce qu’il sera de gens de petit prix, veu quetoutes sortes de personnes, hommes etfemmes , s’en rendent capables.
Quant à la graine des vers, ne de-vés mettre en conte ce qu’elle vous auracousté : parce que vous la remplacés parchacune année en la renouvellant, pourla conservation de la semence. Ains secouchera telle première despence, aureng de celle faicte en l’achapt des aix ettables, pour les estaudis, voire pour ledresser du logis ; par estre ces choses des-tinées pour fondement du revenu ; estansde durée et sans se consumer , à tout lemoins que bien peu. Et bien-qu’il soitrequis d’avoir tous les ans quelque peude nouvelle graine , pour se maintenir labonne race, comme sera dict, si n’y a-ilpourtant plus de despence, attendu quede la vente de la graine que cueillés cliésvous, en acheptés d’estrangère, ce qu’ilvous en faut 3 ainsi se faict de la terre lefossé.
Sur lesquels discours arrestant vostreconte, treuverés qu’avec beaucoup meil-leur marché , nourrirés les magniauxprovenans de dix onces de graine, quevingt-cinq ou trente brebis : pour les-quelles , voire pour moindre nombre, fautentretenir un pastre toute l’année, quesont trois cens soixante - cinq jours. Parainsi, vous voyés à l’œil, combien diffè-rent les despences d’un bestail à l’autre :et par ceste supputation, lequel des deuxThéâtre d’Agriculture , Tome II.
rend plus de revenu, bien-que par juge-ment universel, le rapport du bestail àquatre pieds, est très-grand au mesnage.
Et ne doubte, que Caton en ses responsesdu paistre, pour devenir riche, n’eust en-tendu du ver-à-soye , s’il en eust eu lacognoissance. La nourriture des vers-à- Cette nour-
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soye se rend aussi reconunendable , a commodcau .cause de ce qu’elle n’empesche aucun ou- ‘ d "‘ s ‘dwm r Zvrage des champs, se rencontrant èsmoisd’Avril, et de Mai, avant que le peupleaie nulle occupation à la récolte. Donnanttel retardement, moyen au père-de-fa-rnille, de treuver aisément et à suffisance,gens pour ce service : lesquels n’ayans ence temps-là autre occupation, sont très-aises de treuver à gaigner leur vie et quel-que pièce d’argent, pour sortir de l’ar-rière saison de l’année. Dont plus facileen est rendue la nourriture de ce bestail,par ceux seulement mesprisée, qui nesçavent combien en vaut l’aulne : carquant aux autres , la friandise des de-niers qu’ils en tirent ( sans destrac de leurmesnage, ains comme parties casuelles)les affectionne tous les jours à planter desnouveaux meuriers, pour avec l’augmen-tation du nombre, de inesme augmenterleur revenu.
Estans les meuriers le fondement de ce d«
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a premièrement ou vi-serés , pour en planter si grande quan-tité , et si tost, qu’en peu de temps vouspuissent donner contentement. Ce que nepourriés espérer du peu de nombre pen-dant leur jeunesse , pour le peu de f ueil-lage qu’ils rendent, avant qu’estre par-venus à moyen accroissement. Or d’at-tendre que les meuriers ayent attaint leurparfaicte grandeur, pour les effueiller etfaire servir en cest endroit, ce seroit pas-
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